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Pour la première fois depuis six ans, la Corée du Sud a organisé un exercice national de simulation d'attaque aérienne. Alors que les relations avec la Corée du Nord sont au plus bas, le gouvernement sud-coréen entend préparer ses citoyens au pire. Pendant 20 minutes, les habitants du pays du Matin calme ont dû rejoindre les abris les plus proches d'eux dans cet exercice grandeur nature. De notre correspondant à Séoul, 14 heures, l'alarme retentit dans tout le pays. Dans un bâtiment de la fonction publique, les employés se pressent sagement vers le sous-sol pour rejoindre les bunkers prévus à cet effet. Casques sur la tête, ils sont guidés vers un abri par les officiers de la protection civile. Une voix résonne :« Ceci est un exercice. Ceci est un exercice. C'est une simulation d'attaque chimique et de menace aérienne. Tous les employés doivent porter un casque de sécurité et un masque à gaz, puis se diriger vers le sous-sol. Ceci est un exercice. Ceci est un exercice. » Arrivés au bunker, des militaires présents expliquent comment enfiler le masque à gaz, dont chacun est équipé après la distribution. D'autres s'entraînent avec les pompiers à effectuer des massages cardiaques sur des mannequins. Un des employés, quarantenaire, exprime ses difficultés à réaliser l'exercice. « C'est un peu dur, surtout de trouver le bon rythme pour appuyer sur le mannequin, mais c'est une bonne expérience. Ça me rappelle mon service militaire quand j'étais jeune, nous avions appris à le faire aussi. » Le Conseil santé de RFI parle des gestes de secourismePremiers secours : les premières minutes sont décisives ! Pour Noh Yeong-pil, chef des pompiers affecté à ce bâtiment, ces exercices sont très importants. « En cas d'urgence majeure, il faut pouvoir compter sur tout le monde pour s'entraider, apporter des secours et connaître les bons gestes. Alors avoir de l'entrainement, c'est ce qui fait toute la différence », assure-t-il. Plus loin, dans les couloirs du bunker, on attend sagement autour de la radio la fin de l'exercice. Malgré la chaleur des souterrains, on discute entre collègues comme à la machine à café. Ambiance bon enfant pour cet exercice dont tous s'appliquent à bien suivre le protocole. Pour ce jeune homme, c'est une toute première expérience.« Dans mon ancienne entreprise, nous n'avions pas de bunker, alors nous allions dans le métro, mais ici, comme c'est la fonction publique, nous avons notre propre abri. C'est assez impressionnant », confie-t-il. Pour ceux à l'extérieur ou sans abri sur leur lieu de travail, direction les stations de métro de la capitale pour se mettre à l'abri pendant l'exercice. 14h20, l'alarme retentit à nouveau et la radio annonce la fin de l'exercice. Tout le monde retourne au travail, assez amusé d'avoir participé à un tel exercice qui est appelé à recommencer l'année prochaine. À lire aussiWashington et Séoul lancent leurs exercices militaires annuels à l'ombre des «menaces nord-coréennes» |