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Description:
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En banlieue de Kiev, la petite ville de Boutcha est devenue le symbole de la résilience ukrainienne. Occupée, théâtre de massacres par l’armée russe, la ville a aussi été intensément bombardée au début du conflit. Aujourd’hui, alors qu’approche le deuxième anniversaire de l’invasion russe, la ville se cherche un nouvel avenir. De notre envoyé spécial à Boutcha, avec Jad El Khoury et Kyrylo Tiulieniev Pour rejoindre la ville de Boutcha à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Kiev, on emprunte un pont, reconstruit que depuis quelques semaines. Les militaires aux checkpoints n’arrêtent plus systématiquement les voitures, sur la route des immeubles tout neufs sont sortis de terre, mais les ruines noircies d’une maison ou les restes calcinés d’un supermarché rappellent l’intensité des combats qui ont permis à la résistance ukrainienne de stopper l’avancée des chars russes aux portes de Kiev. « Ici, dans cette rue, les Russes qui occupaient la ville ont tué 78 civils », raconte Polina Boyko qui travaille pour la municipalité. « Là, vous voyez, cet immeuble est nouveau. Et ces maisons là-bas avaient été détruites par un tank russe. » Plus de 4 000 bâtiments résidentiels et infrastructures publiques ont été complètement ou partiellement détruits dans l’agglomération de Boutcha, en grande majorité dans les premiers mois de l’invasion. Près de deux ans après la libération de la ville, le 1er avril 2022, 80% de ces bâtiments ont été reconstruits ou rénovés. « Depuis le tout premier jour de la libération, notre objectif a été de faire revenir les habitants chez eux », explique Anatolii Fedoruk, le maire de la ville depuis 1998. « Bien sûr, on ne peut pas se contenter de dire aux gens : "Rentrez chez vous". Après ce que les Russes ont fait à la ville, il a fallu nettoyer et reconstruire. » Devenir « une ville où il fait bon vivre »L’émotion internationale suscitée par le massacre de Boutcha a permis à la ville de bénéficier d’une exception à la loi martiale et de lever des fonds pour la reconstruction. Un nouveau centre d’entraînement pour la police est en construction, tout comme ce qui doit devenir le plus grand central commercial d’Ukraine. La ville a aussi bénéficié d’un afflux de réfugiés. « Beaucoup de gens des régions occupées de l’est ou du sud de l’Ukraine sont venus à Boucha pour ouvrir des commerces. Ils disent que c’est leur mission de réinsuffler de la vie à la ville », souligne Polina Boyko Son maire en est conscient, la ville ne sera plus jamais la même : « Nous avons changé, tout le monde en Ukraine a changé. Mais nous voulons que la nouvelle Boutcha soit encore meilleure, que l’on parle de ses réussites culturelles, économiques, sportives. Que Boutcha soit une ville où il fait bon vivre et pas ce que les Russes ont voulu en faire », espère le maire. À lire aussiUkraine: à Boutcha, la difficile reconstruction après plusieurs mois de guerre |