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Et pendant la COP28 à Dubaï, comment chacun agit au quotidien pour décarboner la planète ? Le reportage international de la rédaction nous emmène ce matin en Chine, où la jeunesse des mégalopoles chinoises cherche à s’investir dans la protection de l’environnement, notamment via le sport. Des agents qui s’époumonent dans leurs sifflets sur le carrefour, c’est l’heure de pointe pour le trafic comme pour les piétons qui s’engouffrent dans le stade où se tient le « Young Shanghai sport show ». L’évènement consacré à la jeunesse et au sport en est à sa troisième édition. Cette année, au fond du hall d’exposition, de petits stands réservés aux associations : celle d’Iris s’appelle « Trash running », « courir en ramassant des déchets ». « On court surtout le soir, car on à tous un travail. On sort à la nuit tombée. Les gens jettent tout dans les rues. On ramasse des chaussures, des gants, des pneus, des cadres de vélos... », dit-elle. Des vélos, des mégots... Ces coureurs de nuit, pochons à la main, ramassent les déchets dans la capitale économique chinoise depuis 2018. Aujourd’hui, l’association est présente dans 16 villes. À l’entrée du stand, question de Che yuan 30 ans qui aimerait faire quelque chose pour la planète. « J’ai envie de participer à la collecte des déchets, mais je ne sais pas si je cours assez bien. Je suis quelqu’un qui craint le froid et j’aimerai pouvoir faire quelque chose pour le climat. Ce n’est qu’un petit geste, mais c’est déjà ça », explique-elle. Un geste contre le « refroidissement climatique »Un geste contre le « refroidissement climatique », cette salariée dans le marketing n’est pas la seule à manquer de repère en matière d’environnement. Entre les stands des équipementiers et celui du marathon de Shanghai, personne n’a entendu parler de la COP28. Pour Li Yifei, professeur adjoint d’études environnementales à l’université NYU de Shanghai, le défaut du modèle chinois c’est qu’il n’implique pas assez les citoyens. « L’une des principales caractéristiques du gouvernement chinois est qu’il en fait trop ! Résultat : les citoyens ordinaires estiment qu’ils n’ont pas à se préoccuper d’environnement. Même pour des tâches simples comme le recyclage et le tri des déchets, la participation des citoyens est relativement faible. Les gens considèrent ces tâches comme pénibles. Ils refusent de les faire s’ils n’y sont pas forcés. Cela s’applique à la réduction des émissions carbone, à la baisse de nos consommations (climatiseurs et voitures) », indique-t-il. Impliquer davantage la jeunesseManque d’implication du public... Même constat à l’association Trash Running. « Les personnes qui nous rejoignent viennent de tous les horizons. On a des étudiants, des cols blancs, et même des retraités. On sent que les choses évoluent. Une partie de la population a pris conscience des enjeux. Nous avons 10 000 utilisateurs enregistrés et, parmi eux, 4 000 coureurs actifs. Et puis il y a tous ceux qui viennent pour voir, pour la nouveauté. Ils trouvent la "course aux déchets" cool. Ils participent une ou deux fois, puis ils s’arrêtent. Donc en réalité, le pourcentage de ceux qui reviennent est relativement faible », explique Iris. Impliquer davantage la jeunesse dans des activités de protection de l’environnement, c’est l’objectif de ces ONG sportives. À la clôture de l’exposition, il fait déjà nuit. Mais les hauts parleurs continuent de crier comme en pleine journée, personne n’a songé à les débrancher. |