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Podcast: Reportage France
Episode:

Les entreprises à l'assaut des pouvoirs du plancton

Category: News & Politics
Duration: 00:02:35
Publish Date: 2026-01-18 23:09:04
Description:

Ce samedi 17 janvier est entré en vigueur le traité des Nations unies sur la haute mer. Il vise à empêcher l'accaparement des richesses de l'océan, parmi lesquelles le plancton. Ces êtres, souvent invisibles à l'œil nu et qui flottent dans l'océan, sont vitaux pour les êtres humains et ont encore bien des secrets à révéler !

De notre envoyée spéciale à Villefranche-sur-Mer,

Premières espèces vivantes apparues sur Terre, les planctons sont à l'origine de toutes les autres. Elles sont capables d'absorber notamment le CO₂ qui cause le réchauffement climatique et elles produisent la moitié de l'oxygène que nous respirons. Nous sommes donc dépendants de ces êtres microscopiques.

En 10 ans, près de 150 000 millions de nouveaux gènes planctoniques ont été découverts. Parmi eux, les industriels espèrent notamment découvrir des molécules pour de futurs médicaments. 98 % des brevets déposés le sont par des entreprises des dix pays les plus riches. 

Près de Nice, à Villefranche-sur-Mer, des chercheurs spécialistes du plancton partent en mer. Avec l'aide du mécano de bord, Margaux Gras plonge un filet extrafin à presque 80 mètres de profondeur. Un treuil le remonte ensuite sur le pont du bateau scientifique de l'Institut de la mer de Villefranche. « C'est le filet à phytoplancton, on récupère l'eau pour récupérer les échantillons qui sont à l'intérieur du collecteur », explique l'ingénieure qui se dépêche ensuite de rejoindre Lionel Guidi, directeur de recherche, et le petit laboratoire de bord pour filtrer les échantillons et les conserver congelés dans l'azote liquide. Leur ADN sera analysé une fois à terre.

À écouter dans Autour de la questionÀ quoi sert le plancton ?

Le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes

Lionel Guidi montre le phytoplancton et il explique : « Ce sont des micro-algues qui sont plus petites que 20 microns, récoltées avec le filet qu'on a déployé à l'arrière. Et l'autre filet, c'est le zooplancton, poursuit-il, ce sont les organismes plus grands qui se nourrissent du phytoplancton. Donc, la bouteille, c'est ce que Margaux va passer après. »

Algues et animaux invisibles à l'œil nu, bactéries ou virus marins, le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes. Une formidable diversité d'organismes encore méconnus.

« Une grosse partie de l'inconnu, c'est les gènes qui sont présents dans ces organismes. On sait aujourd'hui que quand on fait un échantillon dans la rade, on a à peu près 50 % du signal en génétique qui est inconnu, détaille Lionel Guidi. C'est tellement vaste, tellement varié et encore très peu connu qu'il y a énormément de découvertes potentielles. »

À lire aussiTraité BBNJ sur la haute mer: «On peut espérer les premières aires marines protégées entre 2028 et 2030»

Un « néocolonialisme des ressources marines »

Si les chercheurs comme Lionel Guidi tentent d'en comprendre le fonctionnement pour mieux protéger cette brique essentielle du système Terre, ces découvertes aiguisent d'autres appétits. « Depuis une vingtaine d'années, il y a une accélération de l'enregistrement de brevets par rapport à des gènes marins, explique Vincent Domeizel, conseiller à l'ONU. On en a aujourd'hui près de 30 000. La moitié le sont par BASF, leader mondial allemand de la chimie. Ça veut dire qu'il y a une prédation du secteur privé des pays développés, puisque ce plancton marin, il appartient évidemment au monde entier. Donc, on a une forme de néocolonialisme des ressources marines qui est extrêmement inquiétante. »

Futurs médicaments anti-cancer, super-aliments, produits de beauté, matériaux de construction, les innovations tirées du plancton doivent bénéficier à tous, plaide Vincent Domeizel. Et c'est justement l'un des objectifs du traité sur la protection de la haute mer.

« Le traité sur la haute mer a un objectif de répartition des profits générés par les gènes marins et cette répartition doit se faire en finançant la formation et les infrastructures dans les pays émergents, estime ce conseiller à l'ONU. Puisque pour étudier, découvrir et innover sur le plancton, il faut évidemment financer des infrastructures, financer du matériel de haute technologie, financer des formations pour des jeunes chercheurs. »

Les États signataires de ce traité doivent maintenant s'entendre pour appliquer concrètement ces mesures, un défi dans un contexte géopolitique aussi tendu.

À lire aussiMission Bougainville: pourquoi cartographier le plancton est-il si important?

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