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Alors que les communications avec les habitants de la République islamique reste toujours très compliquées et que les informations sur ce qu'il s'y passe exactement n'en sortent qu'au compte-gouttes - l'Iran vit sous cloche depuis maintenant une semaine -, les Iraniens de la diaspora vivent très mal cette situation. Exemple dans la communauté iranienne exilée en France, forcée de suivre cette révolte populaire à distance. « On a fait des études à l'Université de Téhéran. On se connaît depuis à peu près 2010. » Sarah et Azar s'expriment sous un nom d'emprunt. Âgées toutres les deux de la trentaine, elles sont arrivées en France il y a une dizaine d'années, mais continuent de suivre l'actualité iranienne de très près. Et aujourd'hui, les deux femmes sont convaincues de l'importance du moment. « J'ai envie de dire que ce n'est pas une protestation, ce n'est pas une manifestation, c'est une révolution », soutient Sarah. « C'est une révolution. On veut un changement de régime afin de pouvoir passer à autre chose, car dans celui-ci, il n’y a pas de liberté de parole », renchérit Azar. « Je pense que c'est très important de réagir et de soutenir les Iraniens. Notre peuple vit aujourd'hui dans un silence insupportable. L’Internet a été coupé. Il n'y a aucun moyen de connexion. On ne sait pas ce qui se passe là-bas », lâche Sarah. À lire aussi«Cette fois-ci, c’est une révolution»: paroles d’Iraniens revenus d'un pays en crise « Depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille » Depuis l’étranger, il est difficile d’avoir des informations sur la situation actuelle en Iran. Même obtenir des nouvelles de la famille semble compliqué. Voilà maintenant cinq ou six jours que le réseau a été coupé. « La première fois, c'était pendant les manifestations de 2018-2019. Là, depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille. Hier, j'ai eu un appel des États-Unis qui m'a mis en contact avec ma mère sur un haut-parleur, explique Azar. Pendant une minute, une minute et demie. Elle m'a assuré que tout le monde allait bien ». « La situation ne nous permet pas d'entendre la voix des gens qui sont sur place, qui manifestent dans la rue, qui vivent là-bas. Ni vraiment de savoir ce qu'il qui se passe », complète Sarah « Pour nous, les médias sincères, ce sont nos parents et nos proches qu'on connaît et qui peuvent nous raconter et témoigner de ce qui se passe là-bas, mais il n'y a pas d'accès », se désole Azar. L'objectif commun de la chute du régime « Ces traumatismes se répètent à chaque fois et ça devient de plus en plus insupportable », confesse Sarah. Malgré le peu d'information qu'elle possède, ça ne fait aucun doute pour Sarah : le régime iranien est en train de s'affaiblir. « Quand un régime commence à perdre son véritable pouvoir, il fait appel à la violence. La violence qu'on observe aujourd'hui, c'est un signe d'affaiblissement de ce régime, parce qu'il n'a pas d'autres moyens pour continuer à exister, analyse Sarah. Nous, les Iraniens, on a aussi fait des erreurs mais aujourd'hui, ce n'est pas le moment de se diviser. Il y a bien sûr des désaccords entre nous. Mais c'est plutôt le moment d'être réunis et d'avoir un seul objectif : la chute du régime. » Tant que la situation n'évolue pas, Sarah et Azhar ne souhaitent pas retourner en Iran. À lire aussiIran: «Pour renverser un régime aussi puissant que la République islamique, il faut une alternative politique solide» |