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Faire renaître la fête foraine du XIXe siècle : tel est l’objectif du Festival du Merveilleux dont la 15e édition s'est tenue à Paris jusqu'au dimanche 4 janvier. Pendant dix jours, l'événement a proposé une exploration des mondes forains : du cirque aux cabinets de curiosités en passant par la danse, le chant, ainsi que des jeux en tout genre. Les artistes y ont fait revivre les décors et les disciplines du cirque d'antan. Le Musée des arts forains, à Paris, est bien plus qu'un simple musée : c'est un véritable spectacle vivant. Béatrice Lassus, directrice adjointe de l'établissement, y accueille chaque année le Festival du Merveilleux qui plonge le visiteur dans l'ambiance d'une fête foraine de la Belle Époque. « Jean-Paul Favand, le créateur des lieux, a cherché à faire revivre cette atmosphère unique. On n'a pas vocation à être une fête foraine à l'ancienne, mais à refaire découvrir ce que cela pouvait être à ce moment-là, c'est-à-dire une diversité et un spectacle total où il y a des choses à voir partout. On ne vient pas seulement pour jouer », explique-t-elle. Parmi la dizaine de numéros qui prennent place dans les différentes parties du musée figure celui de Laure Bontaz, plus connue sous le nom de Laurette de Paname. Celle-ci redonne vie à une célèbre danse inventée par une Américaine, Loïe Fuller, à la fin du XIXe siècle. « Sa robe était un peu comme une fleur » « Loïe Fuller a eu l'idée d'inventer cette fameuse danse serpentine qui consiste en une robe de plongée de soie, appréciée pour sa légèreté. Voulant ajouter de la couleur sur ce tissu, elle s'est servie de projecteurs – l'électricité venant d'apparaître à cette époque –, avec des bouts de verre colorés qu'elle plaçait devant la lentille des projecteurs. Elle a ainsi pu effectuer ses danses serpentines tout en changeant de couleur », raconte Laurette de Paname. Ce numéro historique n'a pas pris une ride et plaît toujours autant. Marty, un jeune visiteur accompagné de sa mère, en témoigne : « Sa robe était un peu comme une fleur. En plus, il y avait des jeux de lumière. C'était vraiment joli ! ». Le Musée des arts forains est né d'un rêve. Celui de son fondateur, Jean-Paul Favand, de préserver la culture foraine en vue de sa patrimonialisation. Son vœu a été exaucé il y a un peu plus d'un an, quand l'Unesco a inscrit la culture foraine au patrimoine immatériel de l'humanité. L'organisation avait estimé que la culture foraine créait un espace de brassage au sein de la société et contribuait ainsi à tricoter le tissu social français. « La fête foraine a toujours su s'adapter à la société dans laquelle elle évolue. Au XIXe siècle, sur le champ de foire, on trouvait des spectacles, des attractions et bien d'autres choses insoupçonnées, comme des musées itinérants », abonde Béatrice Lassus. Aujourd'hui, la culture foraine représente une communauté d'environ 50 000 personnes en France. À lire aussiÀ Paris, l'appartement de Jacques Prévert, une capsule temporelle sauvée in extremis |