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Partie samedi 24 aout d'Angleterre, la flamme paralympique poursuit son trajet en France. Ce mardi 27 août 2024, elle arrive en Île-de-France où plusieurs relayeurs l'attendent. Parmi eux, Jeanne Le pêcheur, jeune paracycliste plusieurs fois médaillée aux championnats de France. Elle prendra le relais au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. Rencontre. Évidemment, j'ai dit oui ! J'étais super contente, vraiment, je sautais partout, au premier degré.
L'enthousiasme se lit immédiatement sur le visage de cette jeune femme aux cheveux blonds. Porter la flamme paralympique, Jeanne Le Pêcheur, 21 ans, ne l'avait même pas imaginé. Et ses proches non plus ! Je crois que je ne me rends pas compte. À la base, je n'arrivais même pas à me tenir assise, il fallait que je sois attachée de partout, alors là, le fait de porter la flamme paralympique, c'est énorme.
Aujourd'hui, la jeune athlète se déplace à petit pas, à l'aide d'une canne. Née à cinq mois et demi, elle est atteinte depuis l'enfance d'une infirmité motrice cérébrale : un handicap… mais pas un frein. Passionnée de sport, Jeanne découvre par hasard le handbike, littéralement le « vélo avec les mains », qui se pratique allongé, à quelques centimètres du sol. À lire aussiParalympiques 2024: immersion du centre de réparation du matériel des para-athlètes Un entraînement assidu en familleCoup de cœur, elle se lance à corps perdu dans cette discipline, jusqu'à participer à plusieurs reprises aux championnats de France. La compétition, à la base, je n'y pensais pas, c'est parti d'un pari avec mon frère. Je me suis lancée et j'ai gagné des médailles de bronze et la dernière fois, la médaille d'argent. Ça m'a vraiment aidée à me vider la tête, à plus penser au handicap. Le vélo, ça m'amène une sensation ... de liberté !
La sportive s'entraine plusieurs fois par semaine, mais jamais seule. J'ai un petit drapeau pour dire aux voitures que je suis là, mais souvent, je ne vois pas les voitures. Donc, il me faut un accompagnateur avec moi.
À lire aussiParalympiques 2024: immersion du centre de réparation du matériel des para-athlètes Cela peut être à tour de rôle la boulangère du village, un ami de la famille ou encore... son père, Benjamin. C'est aussi lui qui poussera le fauteuil roulant de Jeanne lors du relai de la flamme, au vélodrome. L'idée va être de représenter le sport de Jeanne, le handbike, et c'est une façon de remercier tous ceux qui l'ont accompagnée et soutenue.
Pour l'athlète, porter la flamme, c'est aussi l'opportunité de visibiliser le handicap et de donner de l'espoir. Je me dis – naïvement peut-être – que par ce symbole de la flamme, des JO et du sport, ça peut aider certaines personnes à accepter leur handicap ou une situation qu'ils ont du mal à accepter pour aller mieux derrière. Depuis que j'ai accepté mon handicap, je m'amuse. Ce n'est pas parce que tu as un grillage super épais devant toi que tu ne peux pas le casser. Si tu veux le casser, tu le casses. Si tu veux accepter ton handicap, tu l'acceptes.
Jeanne compte poursuivre son chemin, avec un objectif en tête : participer aux Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. ► Tous nos articles sur les Jeux paralympiques sont à retrouver ici. ► Le programme et le calendrier des Jeux paralympiques est à consulter ici. |