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Description:
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Après un mois de rebondissements politiques, d’alliances et de débats, les résultats définitifs des élections législatives anticipées sont désormais connus. À la surprise générale, c'est le Nouveau Front populaire qui est arrivé en tête, suivi d’Ensemble et, en troisième position, du Rassemblement national. L’heure est au bilan, notamment à Marseille, coupée entre ses quatre circonscriptions à gauche et trois autres remportées par le Rassemblement national. Sous les parasols, assis en terrasse, un trio de retraités du quartier aisé Saint-Barnabé s’est donné rendez-vous pour faire le point après les législatives. Robert, 75 ans, a la mine déconfite, par la chaleur et les résultats du Rassemblement national pour qui il a voté. Il qualifie les résultats de catastrophiques : « Où on va là ? C’est ingouvernable ! Ils ne peuvent pas se voir ces gens. Ils se critiquent et se sont mis ensemble. Où on va ?», s'indigne Robert. Il poursuit : « Comment voulez-vous gouverner la France avec ça ? Et Macron, il a pris des voix encore. Depuis qu’il est là, c'est une catastrophe. Je n'en revenais pas... » Entre deux gorgées de double expresso, Robert et Anne-Sophie, son épouse, fulminent, ils disent avoir peur de sortir le soir, Anne-Sophie insiste : « Trop d’insécurité, on ne peut plus sortir de la maison. Tous ces fadas... » Mais ce qui fait le plus enrager Christian, ce sont les alliances entre le centre et la gauche, contre-nature, selon lui : « Tous ces désistements, ça ne devrait pas exister. C’est des magouilles qui ne devraient pas exister. » Pour lui, la solution serait qu'il n'y ait qu'un seul tour. À lire aussiLégislatives en France: la difficile question du désistement lors des triangulaires À gauche, un soulagement en demi-teinteDans le centre-ville de Marseille, autre terrasse, autre ambiance et autre groupe d’amis dans le quartier de la Plaine, où de nombreux électeurs de gauche ont fêté les résultats dimanche soir. José y était : « Tout le monde a commencé à être heureux, applaudir et s’ambiancer ! » Mais après la surprise et la fête, l’heure est au bilan en demi-teinte pour José, puisque Marseille compte désormais deux députés RN de plus qu’en 2022 : « Je trouve que la chanson Ma ville est malade, de Massilia Sound System, est toujours d’actualité. C’est le discours que Marseille, c’est une ville cosmopolite et que ce n'est pas normal que les gens votent RN. » En face de José, son ami Simon, 29 ans, qui a voté NFP. Il analyse : « Soulagé, mais mitigé. J’étais content que le RN ne soit pas passé. Après, il reste qu’un tiers des Français ont voté pour eux quoi qu’il arrive, donc ce n'est pas rien et c’est juste un sursis en attendant les prochaines élections. » À ses côtés, Carla, qui, elle aussi, a glissé un bulletin de gauche dans l’urne : « Après, je n'ai pas forcément voté NFP par conviction non plus, parce que c'est dur d’avoir confiance en une gauche qui se rassemble, mais qui reste toujours aussi divisée. » Carla poursuit : « Ils font juste un barrage à l’extrême droite et merci de l’avoir fait. Mais d’un autre côté, on se demande comment Attal va réussir à gouverner une Assemblée avec des sièges qui vont être très très diffus, et ce qui va se passer pour la suite. » La suite qui, selon eux, dépendra beaucoup de la propension de la gauche à s’allier, pas seulement pour des élections, mais aussi pour voter des lois. Réécoutez nos éditions spéciales suite aux résultats du second tour :Législatives: après la surprise du second tour, quels scénarios pour gouverner la France? |