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Description:
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La lutte contre la grande exclusion est l'un des axes du pacte des solidarités présenté ce lundi 18 septembre, en France, par le gouvernement. Et ce alors que des centaines de familles luttent chaque jour pour trouver un endroit chaud où dormir. Les yeux humides, cernés par la fatigue, elle préfère rester anonyme. Cette mère de cinq enfants est arrivée de Mauritanie il y a un an, sans papiers, sans conjoint, sans revenus. Ses enfants à l'école, elle est venue ce matin dans ce centre d'accueil de jour en région parisienne baptisé Espérer 95. Elle vient y profiter d'un repas et d'une douche. Tout ce qui manque lorsque l'on est sans-abri ou, dans son cas, quand le seul endroit où se réfugier avec ses cinq enfants est l'entrée d'un hôpital. « C'est froid, les enfants ne dorment pas. Je suis fatiguée », confie-t-elle. Dans cet hôpital, la famille est réveillée à 4h du matin par les vigiles. Alors, depuis 9h ce jeudi, cette mère appelle avec deux téléphones portables en même temps, dans l'espoir que sur l'un d'eux, le 115, numéro d'accueil d'urgence, lui réponde. « Je suis seule avec cinq enfants, mais ça ne change rien. Mardi, on m’a dit qu’il n’y avait pas de place. Hier, depuis neuf heures, j’ai commencé à appeler le 115 jusqu’à minuit, mais personne n’a décroché », déplore-t-elle. « Les familles ont faim, elles ne parviennent plus à se nourrir »« C’est compliqué. Parfois, j'ai mal à la tête. Je me suis levée à 5h du matin pour aller à l’école », raconte sa fille de 12 ans, revenue du collège pour manger gratuitement au centre. En plus de la fatigue en classe, l'adolescente doit affronter un autre problème : la faim. Le seul repas de cette famille, c'est souvent ici, à l'accueil, qu'il est pris. Sauf que depuis cet été, il n'y en a plus pour tout le monde. Marie Jo Dubot, directrice du centre, est désemparée. « À l'accueil de jour, on est financé pour 80 repas, donc 80 personnes. On a aussi en moyenne 130 à 150 personnes par jour, donc on n'en a pas assez. Il nous arrive parfois d'avoir tout grappillé et malheureusement de dire aux familles : “On est vraiment désolé, on n'a plus rien”. Les familles ont faim, elles ne parviennent plus à se nourrir, là où il y a encore quelques mois, elles pouvaient au moins s'acheter un paquet de pâtes. C'est devenu trop cher. On traverse là une crise au niveau alimentaire qui est sans précédent. » Pour l'instant, aucune solution concrète n’est proposée à ce centre dont la plus de la moitié des bénéficiaires sont des familles et des enfants. À écouter aussiReportage France : À Aubervilliers, l'association caritative des Restos du cœur en difficulté |