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Une formation de trois jours pour devenir préleveur antidopage... C’est ce qu’a proposé le comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 et l’International Testing Agency, une agence internationale de lutte antidopage. Trois jours d’entraînement et de manipulation pour apprendre, pour répéter les bons gestes... Et éviter la triche de certains athlètes pendant les deux semaines de compétition. Reportage au siège du comité d’organisation des Jeux Olympique, au nord de Paris. Ce n’est pas de l’urine, mais du jus de pomme que Danaé manipule en agitant le flacon en plastique. L’illusion est parfaite pour le jeu de rôle qui démarre... « Je suis le contrôleur et ma collègue est l’athlète. On va travailler sur le fait qu’elle n’a pas donné assez d’urine. Donc, on va faire à chaque fois la procédure complète. Et on le fait autant de fois que nécessaire jusqu’à ce qu’on obtienne les 90 millilitres d’urine nécessaire pour faire le contrôle. C’est obligatoire. » Les échanges se font en anglais, et le protocole doit être respecté à la lettre. « Là, on lui fait sceller la boîte dans laquelle il y a ses échantillons et je vais noter sur les papiers le numéro du scellé, l’heure à laquelle on la scelle... » Les 33 apprentis préleveurs du jour sont médecins, pharmaciens, infirmiers. Travailler dans la santé est obligatoire pour candidater. Loay est médecin réanimateur dans un hôpital du nord de la France : « Je pense que c’est une nouvelle formation, une nouvelle expérience. Acquérir une nouvelle expérience est toujours nécessaire pour quelqu’un qui travaille dans le domaine de la santé. On apprend dès le début comment se présenter auprès de l’athlète, comment on va l’accompagner jusqu’à la station pour faire le test et puis la réalisation du test. L’idée, c'est qu’on soit prêt d'ici aux J.O pour éventuellement être sélectionnés ». À lire aussiJO-2024: «Une torche parfaitement symétrique pour la première fois de son histoire» 300 préleveurs prévus sur les J.OCar cette formation n’ouvre pas tout de suite les portes olympiques. Il faut d’abord pratiquer et réaliser plusieurs stages avec l’agence française qui lutte contre le dopage. Les candidats obtiennent une certification. Et s’ils obtiennent cette certification, ils pourront postuler pour être préleveur aux Jeux olympiques. Et il y aura besoin de bras, dit Adeline Molina, secrétaire générale de l’AFLD, l’Agence française de lutte contre le dopage : « Il y aura besoin d’à peu près 300 préleveurs sur les Jeux. On essaie un peu d’augmenter là, avec cette nouvelle promo d’une trentaine. Et ensuite, le complément, on va aller le recruter auprès des autres organisations antidopages. En Europe, on est quand même dans un bassin où il y en a pas mal. » Mais un an et demi seulement pour former des préleveurs français, est-ce bien suffisant ? « On va s’en assurer bien entendu, poursuit Adeline Molina. On ne va pas soumettre au comité d’organisation Paris 2024 des candidats qui ne tiendraient pas la route. On fera attention à ne soumettre que des candidats de bonne qualité. » Des candidats scrupuleusement suivis et évalués pendant leurs stages... C’est la promesse du comité d’organisation des Jeux olympiques. Pour se porter candidat, il faudra attendre le début de l’année 2024. À lire aussiSoupçons de dopage sur le Tour de France: «Depuis hier, c'est le retour du poison» |