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Nouvelle journée de mobilisation en France contre la réforme des retraites. Parmi les professions très mobilisées, il y a les éboueurs. Ceux de Paris ont entamé une grève très suivie au mois de mars. Une grève qui reprend dès aujourd'hui à l'appel des syndicats. À Yerres, dans le sud de la région parisienne, les éboueurs sont en grève depuis 15 jours. Alors comment se préparent-ils à cet acte 2 ?
Opération tractage pour Nathalie. Gilet orange sur les épaules, elle interpelle les automobilistes au pied de la mairie de Yerres : « On vous explique pourquoi on fait grève, comme ça vous autre notre son de cloche et pas celui des élus ».
Comme cette déléguée syndicale qui travaille dans une déchetterie. Les éboueurs du sud de la région parisienne sont en grève depuis 2 semaines. Aujourd’hui, ils comptent se joindre à leurs collègues parisiens. Pour dire non à la réforme des retraites, comme Nadji, 35 ans.
« C’est très compliqué quand vous portez des poubelles de plus de 50 kilos sur le long terme, c’est compliqué de tenir jusqu’à 64 ans sur le plan moral et physique. Pendant 4 h vous êtes amenés à pousser les poubelles pour pouvoir les vider dans le camion-benne et quand vous faites ça de manière répétitive, c’est usant. Surtout que vous avez un marchepied à l’arrière du camion et vous êtes toujours amenés à sauter sur le marchepied donc c’est pour ça qu’on a beaucoup de collègues qui ont des problèmes d’arthroses au niveau des articulations ».
Pour Nathalie et pour Nadji, la réforme des retraites symbolise à leurs yeux un manque de considération, pour des professions essentielles : « Pendant le Covid, les éboueurs, on les a applaudis, on était très contents de les avoir, on était présents. On est là parce qu’on aime notre métier dans tous les cas. Et effectivement, on a l’impression qu’on a été oubliés ».
Sur les 50 éboueurs mobilisés, la plupart n’espèrent rien de la décision du Conseil constitutionnel attendue demain. Le soutien vient surtout des autres corporations de métiers observent Céline et Mehdi : « On ne pensait pas avoir autant de considération par des gens de l’extérieur qui viennent très tôt le matin nous soutenir, nous ramener de quoi nous restaurer. Ils nous ont ramenés un peu de vie sur ce piquet de grève. C’est ce qui nous a permis aussi de tenir. Ça me rend fier. On avait perdu cette habitude-là de camaraderie, de fraternité. On voit le monde qui est venu, des gens qu’on ne connait pas, des gens qui nous ont rejoints ou deux fois par semaine sur le piquet de grève, franchement ça fait plaisir, ça fait chaud au cœur ».
Ici, l’argent est le nerf de la grève. La caisse de grève totalise 7000 euros. - Qu’est-ce que vous attendez de la suite ? « Qu’ils nous écoutent un peu. Ceux qui sont dans la rue, qui ramassent leurs poubelles. Tous ces gens-là, qui ne sont pas payés des masses. On aimerait bien qu’on les écoute un peu ».
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