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« Infernale et déshumanisée. » Voici comment est qualifiée la ligne B du RER qui traverse la région parisienne du nord au sud. Elle est empruntée par environ un million de voyageurs par jour, et arrive à saturation. Les travaux, les grèves récurrentes depuis septembre, les retards et les problèmes techniques quotidiens excèdent les usagers. D’autant que depuis le 1er janvier le prix des titres de transport a augmenté.
Par Fanny Guelb
Quai bondé, consignes de sécurité diffusées par des hauts-parleurs, c’est un vacarme incessant qui envahit la station Châtelet du RER B direction Mitry-Claye, en pleine heure de pointe. Pour ce travailleur qui se rend chaque jour du centre de Paris à la banlieue nord, ce RER est un « service public qui ne fonctionne plus ».
« Ce sont des problèmes de régularité, de train et puis là, depuis maintenant bientôt 2 ans, des interruptions dues à des chantiers qui empêchent tous les soirs des quasiment tous les week-ends de se rendre de façon simple sur ce trajet par exemple », explique-t-il.
La crainte que la situation se détériore
Des problèmes que justifie Grégoire de Lasteyrie, le vice-président d’Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports. Il met en avant la difficulté de recruter des personnels, mais aussi l’exploitation quasi continue de la ligne. « Dans n'importe quelle ligne, quand vous décidez de la moderniser, ça a forcément des impacts », avance-t-il. « C'est lié au fait que l'on exploite 7 jours sur 7, 365 jours par an et quasiment 24h24 parce qu'en fait le réseau, il a arrêté à peine quelques heures, la nuit ».
Mais pour Jean-Marie Baty, membre du Comité des usagers du RER B Nord, la fin des travaux ne signifierait pas une amélioration du service. « On craint beaucoup que cette situation ne se détériore avec la mise en route du CDG Express dans la mesure où il sera prioritaire. Sur tous les autres, s'il y a la moindre panne, le moindre incident avec un usager, il n'y aura plus de dégagement possible. C'est l'ensemble du RER B qui sera pénalisé », prévient Jean-Marie Baty.
Une nouvelle tarification excessive selon les usagers
Retour sur le quai du RER. Axel, la trentaine et emmitouflé dans sa doudoune noire, s'énerve contre la récente hausse des tarifs des titres de transports. « Ça empiète sur nos finances. Déjà que ce n'est pas facile avec les dépenses d'ordinaire », souligne-t-il. Pourtant, Michel Savy, économiste spécialiste des transports, rappelle que les usagers ne payent que 30% du coût total du transport. Cette mesure servirait donc surtout à renflouer les comptes d’Île-de-France Mobilités.
La question du financement est quand même un peu une condition qui fixe les limites de ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas faire. Beaucoup de villes en France ont connu une baisse de la part des recettes commerciales par rapport à l'ensemble des coûts et donc une augmentation nécessaire, soit des subventions publiques, soit des contributions des entreprises.
Rendez-vous le 13 janvier prochain sur demande de la présidente d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse où la RATP et la SNCF présenteront « leur plan de redressement de la qualité de service. » |