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Description:
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En région parisienne, la Bièvre, rivière polluée et enfouie au XXe siècle, coule à nouveau à l’air libre entre Arcueil et Gentilly dans le Val-de-Marne. Un projet de longue date qui consiste à ramener la nature dans les villes.
Sous les ponts, entre deux rues ou à travers un parc… Entre Arcueil et Gentilly, la Bièvre serpente désormais sur 600 mètres. Une végétation diversifiée borde la rivière : 450 arbres ont été plantés pendant le chantier. L’objectif d’après Benoît Kayser, chef du projet : recréer des zones humides pour favoriser la biodiversité.
On est sur une composition végétale qui accompagne les rivières. Il y a des saules, des aulnes, des sorbiers... Ce sont des arbres typiques des bords de l’eau. Et ce sont ces arbres-là et ces végétations-là qui sont des plantes hélophytes et des plantes semi-aquatiques qui poussent au plus près de l’eau. Ça correspond aussi pour les libellules et les grenouilles. Donc, on a reconstitué cette nature et ce milieu humide. Il n’y a pas que l’eau, il y a aussi les berges.
Les effets de ce nouvel espace en pleine ville sont déjà visibles : les animaux sont revenus avec l’eau. Benoît Kayser raconte : « Dès le premier après-midi, quand l’eau est arrivée, il y a un héron qui est venu pour observer s’il n’y avait pas des poissons », explique-t-il. « Les poissons n’étaient pas là, mais ils ont été aperçus cette semaine. Ils sont venus par la canalisation, il y a 3 kilomètres de canalisation avant. Ils reviendront aussi par les oiseaux, il y a beaucoup d’oiseaux qui transportent des œufs dans leurs pattes, un coin de plume ou de bec », ajoute-t-il.
Un coût de 10 millions d’euros
Pour en arriver là, le chantier a été colossal. Dix ans d’études et 27 mois de travaux ont été nécessaires. Il a notamment fallu fournir un important travail d’assainissement et de maçonnerie pour faire de la place à la rivière. Coût total de l’opération : 10 millions d’euros.
Pour cet étudiant en balade le long de la Bièvre, l’investissement en valait la peine. « Je trouve ça fantastique. Écologiquement, ça a beaucoup de sens et puis c’est paisible. Je suis là avec ma copine et on se promène... C’est franchement très agréable. C’est un moment de pause dans la journée, on habite juste à côté. Le département a fait du bon boulot, je trouve. »
Une légende urbaine qui prend vie
Ce nouveau coin de verdure permet aussi aux communes que le cours d’eau traverse de renouer avec leur histoire. C’est le cas de Gentilly, où le nouveau tronçon de la rivière s’achève.
Pour Patricia Tordjman, maire de la ville, c’est un vrai retour aux sources. « Les générations de Gentilléens et de Gentilléennes qui ont connu la Bièvre, qui ont été se tremper les pieds dedans, récupérer les sangsues pour les vendre aux apothicaires et se faire quelques sous... Ça, c’est le passé. Et même canalisée, elle était encore connue comme étant presque une légende urbaine qui maintenant se réalise au regard de tous. »
D’autres projets sont en cours d’étude, notamment entre Antony et Paris où la Bièvre est majoritairement canalisée et souterraine. Elle pourrait donc bien réapparaître en quasi-totalité dans le paysage francilien. |