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Description:
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durée : 00:59:48 - Littérature - Ils sont nés dans les années 1890 en Russie, ils s'appellent Mikhaïl Boulgakov, Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Boris Pasternak, Marina Tsvetaeva. Ils sont écrivains. Ils ont tous connu un destin tragique : prison, camps, misère. La plupart ont disparu dans les années quarante. André Markowicz nous raconte leur histoire. Anouk Grinberg lit et nous fait partager le monde brûlant de Marina Tsvetaeva, née en 1892, exilée, suicidée en 1941 en Russie. Marina, depuis longtemps je l'aime beaucoup, bien qu'elle soit impossible. Un peu folle. Trop tout. Sans doute avait-elle trop reçu, de dons, de forces, de cavités ? Voyait trop, sentait trop - pour un seul homme. Allait jamais au pas, pouvait pas, galopait, brûlait. Si attirée par la vérité et continuellement elle s'est trompée. Aimait sans mesure sans sagesse, cent fois trop (puis plus rien) et tous ont foutu le camp. Une torche dans la vie, mais dans l'écriture, elle devenait un poisson dans l'eau. Heureusement, elle avait ça, et Dieu qu'elle l'avait. C'est un des plus grands écrivains qui soit. Ni son pays ni son siècle ni son corps n'ont été sa maison. Elle a survécu à la guerre, la révolution, la misère, la famine, la mort d'un de ses enfants, l'internement de l'autre, l'absolue solitude en exil. Et pour finir, d'épuisement, d'à quoi bon, elle a cessé d'écrire. Alors elle n'a plus survécu à elle-même. Mais rarement comme ça, on voit l'amour de la vie qui s'écrase contre la vie et s'élève dans un cri. Anouk Grinberg |