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Nous parlons de la diffusion des séries africaines à l’occasion du lancement lundi 25 juin sur TV5 Afrique du premier épisode de la série « River Hôtel », tournée en République démocratique du Congo.
C’est en regardant Kinshasa de l’autre côté du fleuve, à Brazzaville, que Didier Ndenga a eu l’idée de créer une série, River Hôtel, qui prend pour cadre l’un des plus prestigieux hôtels de la capitale de RDC, le Kempisky Fleuve Congo. Sa série en 52 épisodes, coproduite avec Habi Touré, commence lundi et elle a pour trame une sombre histoire de trafic de diamants. Mais c’est moins pour son intrigue policière ou sa réalisation que la série impressionne, c’est surtout pour son impressionnant casting. On y retrouve la star de la musique Fally Ipupa, enfant du pays, mais aussi le Ghanéen Najid Michel, acteur star de Nollywood, la princesse Kamatari, originaire du Burundi et égérie de Guerlain, la chanteuse camerounaise Charlotte Dipanda ou encore l’acteur ivoirien Eebra Tooré ou le Franco-Camerounais Eriq Ebouaney. On regrettera peut-être que de trop nombreuses scènes soient tournées à l’intérieur de l’hôtel et trop peu dans la ville, avec les Kinois. Le réalisateur Didier Ndenga le reconnaît : il a cherché à changer l’image de la RDC. On y voit donc plutôt des gens riches et pas de quartiers très pauvres. Même si la série est aussi l’histoire d’un enfant de la rue qui a réussi en faisant de la politique.
River Hôtel n’est pas un coup d’essai pour Didier Ndenga. On lui doit Aimé malgré lui, tourné en Centrafrique et qui met en scène « des acteurs beaux, jeunes, riches et aux origines multiculturelles », selon Yves Bigot, le patron de TV5. Pour TV5 Afrique, qui peut être vu par 50 millions de foyers sur tout le continent, il s’agit-là d’une nouvelle série africaine francophone. En quatre ans, TV5 en a acquis une cinquantaine dont 35 ont été préachetées pour être accompagnées puis diffusée d’abord sur la chaîne.
Les sujets sont multiples : la pollution au Tchad, l’entrepreneuriat et le microcrédit, la cybercriminalité avec Brouteur.com, la bonne gouvernance et la corruption avec Mpangi’ami, l’émergence de la classe moyenne et l’éclatement de la structure familiale avec la version gabonaise de la série française Parents Mode d’emploi. On le voit, on peut dire beaucoup de choses dans la série africaine francophone à condition, comme dit Sandra Basset de TV5, de « ne pas se poser en donneur de leçons et de respecter les cultures ». Une ligne éditoriale qui n’est pas près de s’attiédir puisqu’on attend pour fin juin L’Ecole en fumée, sur la corruption de l’enseignement, ou Les Sœurs ennemies, avec RTI, sur le trafic d’influence dans l’industrie du cacao. Des sujets délicats sans pour autant affronter la misère de masse : la série africaine est bien entre deux rives. |