|
Description:
|
|
La Suisse s'apprête à voter le 4 mars dans un référendum pour ou contre la redevance audiovisuelle. Cette votation menace directement le groupe radio télévision suisse publique, la SSR, dépendant de ces financements.
Même si les sondages semblent plutôt aller vers un rejet du « No billag », ce mouvement en faveur de la suppression de la redevance, c’est tout l’avenir de l’édifice médiatique suisse qui va se jouer dimanche 4 mars. Un mouvement qui en dit long sur la fragilité des services audiovisuels publics en Europe même si personne n’a jusqu’à présent été aussi loin que les jeunes de l’Union démocratique du centre, à l’origine de cette votation, et le parti libéral radical. Leur argumentation est simple : si vraiment la Suisse est une confédération d’inspiration libérale, elle ne peut accepter que soit imposée une contribution de 387 euros par an et par ménage, soit la redevance la plus élevée d’Europe, loin des 216 euros de l’Allemagne ou des 138 de la France. Il faut donc que les citoyens aient le libre choix de financer un service public jugé d’une taille démesurée avec ses 17 stations de radio et ses 6 chaînes de télévision dans toutes les langues du pays.
Leurs solutions de financement alternatif paraissent néanmoins très incertaines. Pour financer la RTS, la Radio Télévision Suisse, du groupe SSR, ils préconisent des abonnements volontaires, une hausse des recettes publicitaires ou encore des formules de soutien à certaines émissions. Ce à quoi la RTS répond qu’il n’y a en réalité pas de « plan B », car tous ces mécanismes de soutien sont en réalité très aléatoires : ils ne permettraient pas de sauver la télévision et la radio publiques, qui dépendent à 75% de la redevance, et un prélèvement publicitaire plus important aurait pour double conséquence d’affaiblir la presse et d’en finir avec l’indépendance des émissions d’information par rapport aux influences économiques et politiques.
De cette consultation, quelle qu’en soit l’issue, la SSR et ses 1,4 milliard d’euros de budget ne sortiront pas indemnes. La ministre de la Communication Doris Leuthard a d’ores et déjà annoncé que même si le « No billag » était rejeté, une réforme serait engagée pour réduire la redevance de 70 euros, pour plafonner la part de la SSR et pour refondre les missions de service public afin que cette redevance aille davantage vers l’information par exemple que vers le divertissement. Une refonte que suivra sans doute avec intérêt le gouvernement français qui demande que soient redéfinies les missions de l’audiovisuel public et l’organisation de ses entreprises. Si la ministre de la Culture Françoise Nyssen exclut pour l’heure une fusion sur le modèle de la BBC, elle a déjà fait savoir qu’elle souhaitait une présidence unique et des rapprochements afin de mieux justifier de l’emploi de l’argent public. |