|
Description:
|
|
Echos de campagne, c'est la nouvelle chronique politique hebdomadaire de RFI. A deux jours du 1er tour de la primaire de la Belle Alliance populaire, et à moins de 100 jours de l’élection présidentielle, les meetings se multiplient et la bataille fait toujours rage à gauche. Les 7 ténors du PS et leurs alliés ont à nouveau « croisé le fer » jeudi soir à la télévision.
Ambiance quelque peu tendue pour ce dernier débat avant le scrutin dimanche prochain. Le « Tout sauf Hamon » – a de nouveau été la règle jeudi soir, alors qu’il marque des points dans les sondages. Mais Manuel Valls n’a pas non plus été épargné, épinglé par son ancien ministre Vincent Peillon qui lui conteste tout mérite dans la réduction du déficit public : « 3% c’est fait, et on peut remercier François Hollande. Il a divisé par 2 ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy ».
-« Et vous pouvez remercier le Premier ministre », ajoute alors Manuel Valls…
« En particulier François Hollande », répond Vincent Peillon « car je suis obligé de dire que le plus dur a été fait avant ton arrivée et qu’aujourd’hui tu tiens des propos différents ».
Manuel Valls qui est bien à la peine en cette fin de campagne, après l’épisode de la gifle mardi dernier en Bretagne. Certains sondages lui prédisent même une autre claque, dimanche, avec sa possible élimination du second tour de la primaire. Alors il joue son va-tout, son expérience d’ex-Premier ministre sur les questions régaliennes. Quand il est questionné sur la Syrie, c’est encore au nom de la France qu’il parle : « Nous discutons déjà avec le régime de Bachar el-Assad (…) il y a bien sûr pour nous la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak (…) La France dans ce Proche-Orient a toujours un leadership à exercer ».
Manuel Valls qui tente de muscler son jeu face à ses débatteurs -mais également face à Jean-Luc Mélenchon et surtout Emmanuel Macron qui hors primaire, caracolent en tête des sondages pour la présidentielle. Un vrai souci ce jeune Macron –pour la gauche, mais également la droite et l’extrême droite. Lui qui engrange les soutiens, et enchaîne les meetings à guichets fermés.
Le leader d’En Marche inquiète tout le monde. Mais chacun fait mine de ne pas s’en soucier ou de s’en réjouir -comme la patronne du FN, Marine Le Pen, en déplacement mardi dernier à Forbach : « Moi je trouve qu’Emmanuel Macron c’est un vrai cadeau. Ce garçon est le symbole de tout ce que nous combattons, le mondialisme, l’immigrationnisme, les politiques d’austérité imposées par l’UE. Donc c’est exactement tout ce que nous combattons et ce à quoi nous opposons notre révolution de la proximité ».
Posture identique pour le candidat de la droite François Fillon qui dit s’en moquer, mais fait monter en premières lignes ses deux armes, ses deux cartes anti- Macron : Virginie Calmels, l’ancienne patronne d’Endemol, et surtout Henri de Castries, l’ancien patron d'AXA, très apprécié des milieux économiques –bref une droite très pro-business pour tenter de rattraper ceux qui pourraient avoir la tentation de « l’imposture » Macron comme on dit dans l’entourage de François Fillon.
Objet de toutes les attaques, Emmanuel Macron lui, accélère, ravi d’être au centre du jeu
Plus rien ne l’arrête Emmanuel Macron. Le PS, Mélenchon, Fillon, Marine le Pen : tous en prennent pour leur grade. Après Hénin-Beaumont la semaine passée, il ira d’ailleurs de nouveau défier la patronne du FN le 4 février prochain à Lyon, où elle doit dévoiler son programme. Emmanuel Macron qui se projette déjà dans l’après présidentielle en préparant les législatives. Tout en travaillant son profil d’homme d’Etat. En Bretagne cette semaine, c’est Donald Trump le président américain qu’il n’a pas hésité à interpeller : « Je veux dire ce soir à Monsieur Trump : n’oubliez jamais que si vous êtes une nation libre, c’est parce que des ambitieux sont partis de ces terres avec l’amour de la liberté, avec le même rêve : le rêve français, le rêve européen ! »
Alors que les deux finalistes socialistes poursuivront leur affrontement après le 1er tour ce dimanche , Emmanuel Macron lui s’envolera pour le Liban et La Jordanie. François Fillon de son côté sera reçu par Angela Merkel lundi à Berlin pour parler « unité de l’Europe ». L'occasion pour les fillonistes de faire remarquer que Macron avait, en vain, la semaine passée tenté de rencontrer la chancelière lors d’un déplacement en Allemagne. Entre les deux hommes la lutte est désormais sans merci… jusqu’au mépris côté Fillon, où un proche estime « Macron, c’est juste un garçonnet en culotte courte » mais ça chut faut pas le dire, c’est du off !!! |