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A deux jours du deuxième tour de la primaire à gauche et à quatre-vingt six jours du premier tour de la présidentielle, la tension est montée d'un cran, voire de plusieurs dans les différents camps cette semaine. A gauche, c'est la lutte finale entre Benoît Hamon, arrivé en tête du premier tour de la primaire socialiste avec 36% des voix et l'ancien Premier ministre Manuel Valls qui accuse 5 points de retard.
Comme Arnaud Montebourg, avec ses 17%, s'est immédiatement rallié à Benoît Hamon, Manuel Valls n'a d'autre choix que de se montrer offensif pour tenter de combler son retard. Dès dimanche soir, il se présente en candidat de la victoire possible contre celui de la défaite certaine. Dès le lendemain, à la télévision, il lâche ses coups : « Benoît Hamon explique qu’il va répartir un revenu universel entre tous les Français, cela va se traduire par plus d’impôts et la ruine de notre budget. Moi je défends l’autorité, et la sécurité et puis je défendrai ma vision de la laïcité et la lutte contre le communautarisme. Benoît Hamon est ambigu sur ces questions ».
Dans les heures qui suivent, cela va crescendo. Benoît Hamon réplique mardi matin sur RFI : « J’entends que je porte la ruine de la France, tout cela devient ridicule. Il va bientôt y avoir des mots à mon endroit plus durs que vis-à-vis de la droite. Donc je demande à Manuel Valls et à ses amis un peu de sobriété ».
Du coup, l'inquiétude est de plus en plus forte pour le rassemblement au soir du deuxième tour. Et puis finalement quand les deux hommes se retrouvent face à face mercredi 25 janvier au soir pour leur débat, le ton change. Plaisir, amitié, respect, valeurs partagées sont les premier mots employés par Manuel Valls au début d’une confrontation de bonne tenue qui ne vire pas comme certains l’attendaient à la foire d’empoigne. C’est qu’il y a un parti socialiste bien mal en point à préserver.
Tension à gauche, petite bombe à droite
Dans le camp d’en face, la température monte brusquement mardi soir. C'est le moment ou l'hebodmadaire satirique Le canard enchaîné arrive dans les rédactions et dans les états-majors politiques, à la veille de sa sortie en kiosques. Et là, il y a une petite bombe. Le journal révèle que Pénélope Fillon, l'épouse discrète du candidat du parti Les Républicains, a été rémunérée à hauteur de 500 000 euros bruts en 8 ans comme assistante parlementaire par son mari puis par son successeur à l'assemblée. Pour celui qui a fait campagne sur la probité, c'est ennuyeux et la polémique enfle. Une enquête préliminaire est ouverte et François Fillon intervient au journal télévisé. Oui sa femme a travaillé pour lui, un travail réel d’écriture de discours et de représentation de son mari. François Fillon indique qu’il va porter plainte contre les journaux qui évoquent un emploi fictif et affirme qu’il ne retirera sa candidature que s’il est mis en examen, tout en soulignant la légalité du procédé.
Et comme la saison des peaux de bananes est ouverte, Emmanuel Macron est lui aussi mis en cause pour ses dépenses à Bercy qui auraient servi à lancer son mouvement en marche. Sa réaction est vive : « j’ai été ministre chaque heure et chaque jour contrairement à d’autres qui m’attaquent et qui eux vont s’occuper de leur circonscription par ailleurs. J’ai beaucoup reçu et travaillé parce que moi, je n’ai jamais payé un collaborateur à s’occuper de ma circonscription ».
Emmanuel Macron pourrait enregistrer des ralliements de parlementaires socialistes dès lundi matin. Le chiffre d'une centaine circule. Des responsables et non des moindres, comme Ségolène Royal, laissent planer le suspense. C'est la crainte de plusieurs barons socialistes qui s'inquiètent des conditions de rassemblement , notamment en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire dimanche soir. Il est clairement favori et semble bénéficier d'un vote sanction qui ne dit pas son nom. Un climat qui inquiète un peu partout, d'autant que Marine Le Pen prépare son entrée en campagne dans un peu plus d'une semaine.
Un ancien candidat malheureux à la primaire de droite n'hésite pas à le dire : « dans cette ambiance de 'sortez les sortants', c'est pas gagné pour Fillon ». Mais ça, chut, il ne faut pas le dire. C'est du off. |