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Description:
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Une vie de trappeur dans les grands espaces nord-américains, qui n'en a jamais rêvé, à la suite de Jack London ou de Nicolas Vanier? Rock Boivin est un authentique trappeur de l'ouest canadien, il vit depuis 40 ans dans les vastes territoires du Yukon, près de la frontière avec l'Alaska. Avec sa femme Kathryn, il publie "Rêves de trappeur" (éd. XO). "On est les derniers trappeurs", dit-il.
"Dans le Yukon tu en as moins que 100 qui sont actifs en ce moment, tous des vieux comme moi !"
Un métier en voie de disparition
"C'est la fin, il y a des gens qui veulent s'y mettre, mais je leur donne pas 10 ans et après ça ce sera la fin." Pour Rock Boivin, son métier est "en voie de disparition", car "les pays développés ont un mauvais regard sur la trappe" et préfèrent acheter de la fausse fourrure. Sur les 80.000 à 100.000 habitants de la baie d'Hudson jusqu'à l'Alaska, on compte 1.000 trappeurs actifs. "Et dans le Yukon tu en as moins que 100 qui sont actifs en ce moment, tous des vieux comme moi !" À noter que trappeur, on ne l'est pas toute l'année, seulement l'hiver. "Encore aujourd'hui le Yukon est fortement attaché aux saisons."
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas les lectures de Jack London qui ont influencé Rock Boivin, car à l'époque le célèbre écrivain n'était pas encore traduit en français. En revanche, c'est le cas de Kathryn, sa "belle blonde" comme il l'appelle, qui elle est anglophone, "de sang norvégien et indien, explique son mari, c'est pour ça qu'elle a survécu le Rock Boivin dans la forêt depuis 40 ans !"
Le goût des grands bois
C'était pourtant un rêve d'enfant. Né en 1960 au Québec, Rock Boivin a été encouragé, initié, par son père, qui n'était pas trappeur mais qui lui a donné "le goût des grands bois". Ce sont aussi les photos de son arrière-grand-père maternel, chercheur d'or au Klondike de 1910 à 1916 qui faisait rêver le jeune Rock. Plus tard il a même retrouvé l'endroit où avec son frère ils avaient miné. "Des photos jaunâtres, brunes, ça avait initié le rêve..."
À 18 ans, il est parti pour l'Ouest. Aujourd'hui il regrette la façon dont il s'y est pris. "J'ai fait un coup vraiment minable, je leur ai dit que je partais pour quelques mois, et je savais dans mon coeur que je ne reviendrai pas." C'est que les trappeurs dans les années 70 étaient mal vus au Québec, on les appelle toujours des "coureurs des bois", et sont perçus comme des marginaux. Mais déterminé à partir, il n'a "pas eu le courage de briser le coeur de [ses] parents".
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