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"L'islam qui se donne en spectacle aujourd'hui n'est probablement que la parodie, très triste, d'une véritable religion." Alberto Ambrosio est prêtre de l'Eglise catholique, dominicain et spécialiste de l'islam, plus particulièrement du soufisme. Il a vécu 12 ans à Istanbul et une vingtaine d'années en Turquie et au Moyen Orient. Dans son dernier ouvrage, "Quand les soufis parlent aux chrétiens", il écrit:
"Depuis que j'ai remis un pied en France, le 13 septembre 2014, je ne me suis jamais défait de mon sens du péril. Après une bonne douzaine d'années de vie à Istanbul et une vingtaine au total à fréquenter la Turquie et le Moyen-Orient, j'ai appris à vivre avec une certaine sensibilité à l'idée que les événements peuvent se bousculer très rapidement et parfois dans le sens le moins favorable."
Ce sens du péril, de la fragilité de la vie, le p. Alberto Ambrosio n'a pas attendu les attentats de janvier 2015 à Paris pour l'avoir. "Quand on arrive en Turquie, on apprend assez vite à vivre avec une grande prudence", confie-t-il. Le 15 novembre 2003, à peine installé à Istanbul il passe tout près de la mort quand une "très forte explosion" se produit non loin de lui. Il perd connaissance sous la violence du choc.
"On ne peut pas connaître l'islam sans avoir des amis musulmans."
De cet un attentat contre une synagogue de la capitale turque, qui a fait plusieurs dizaines de morts, il aurait pu garder une rancoeur envers les musulmans. Mais comme il le confie, il était alors en plein apprentissage du soufisme et de l'islam. Et surtout il partageait déjà une amitié très forte avec des musulmans. "J'ai pleuré avec les Turcs", se souvient-il. Pour cet universitaire spécialiste du dialogue islamo-chrétien, la clé de lecture "de survie" même, de tout rapport sain entre croyants est l'amitié.
Entretien réalisé en mars 2016 |