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Description:
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"Dire 'Je crois' ce n'est pas une certitude, c'est un horizon vers lequel marcher." Enfant, Bertrand Révillion marchait la main dans celle de son grand-père, dans les rues de Montmartre ou sur les plages du Touquet. Un homme qui a guidé ses premières réflexions d'adolescent. A défaut d'un père trop pris par son travail, Grand Pa, lui , "l'écoutait". C'est à lui que celui qui a été longtemps journaliste consacre son deuxième roman, "Les Heures Claires" (éd. Cerf). Un roman où il a mis beaucoup de lui. De toute façon l'auteur en est convaincu, à raconter des histoires on est parfois plus près de la vérité que dans une autobiographie. Un ouvrage où il a mis aussi beaucoup de ses innombrables rencontres, lui qui est devenu journaliste pour voir comment les autres s'en sortaient avec la question du sens de la vie.
quête de sens
La foi n'a jamais été "une évidence" pour Bertrand Révillion, ce qui ne l'empêche pas d'être diacre. Cherchez en lui le croyant version pèlerin d'Emmaüs, à qui l'Eternel est sans cesse "autre" et échappe toujours, plutôt que le croyant qui récite son catéchisme. Le diacre qu'il est, mâtiné de philosophe, se conçoit comme celui qui éveille au questionnement, non pas celui qui répond. "Le pourquoi de l'existence n'a jamais été clair, j'ai toujours été dans une forme d'inquiétude féconde, de recherche, de volonté d'essayer de comprendre et de ne pas me laisser enfermer trop vite dans des discours pieux et lénifiants." Un pourquoi qui a traversé sa vie personnelle et aussi professionnelle.
un amoureux du silence sous les feux de la rampe
Bertrand Révillion est aussi un amoureux du silence et de la quiétude. Il a pourtant mené une carrière tambour battant à La Croix, Ouest France, La Vie, Panorama, Psychologies Magazine... Il confie même avoir un peu cédé au chant des sirènes quand la caméra du Jour du Seigneur l'a mené au plus près de la notoriété. Il arrive que l'on "se [prenne] pour sa photo." Mais ce qu'il aimait chez les personnalités qu'il interviewait - il y a eu Michel Serrault, Bernard Giraudeau ou encore Soeur Emmanuelle avec qui il est devenu ami - ce qu'il aimait donc, c'était découvrir leur fragilité et leur façon de l'admettre. Celle qui dégage les "grands" des "petits", celle qui fait que l'on n'est pas "impressionné" par la notoriété, si éclatante soit-elle.
quête de fragilité
Sa fragilité à lui, Bertrand Révillion l'exprimait à travers sa carrière. Lui qui quêtait la reconnaissance de son père. Enfant, il écoutait Jacques Chancel à la radio et c'est "Radioscopie" qui lui a donné sa vocation de journaliste. Jusqu'à une douloureuse rupture professionnelle qui s'est ajoutée au combat de ses proches contre la maladie. A 20 ans il voulait que "Dieu soit présent dans [son] existence". Ce qui l'a touché chez Soeur Emmanuelle c'est qu'"elle donnait à voir le Bon Dieu par son engagement". Lui qui s'est senti attiré un temps par la vie monastique a connu l'épreuve du père de famille qui voit son fils accidenté, allongé sur le sol. Alors que lui venait d'avoir eu la même position: celle de l'ordinand prostré qui donne sa vie d'homme marié à l'Eglise et qui sera diacre.
Bertrand Révillion a connu "l'épreuve de la foi nue, qui n'a plus de mot, qui balbutie, qui est dans l'ombre". L'épreuve qui aide à passer d'un "Dieu Jupiter" ou "roue de secours" au Dieu des chrétiens, qui partage le mystère de la condition humaine. Aujourd'hui, le romancier poursuit sa route, et continue d'aller au coeur de la fragilité rejoindre Dieu. |