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Description:
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"Je me suis dit que ce temps-là, ce temps qui est juste avant, il pouvait avoir du sens, il pouvait s'y dire des choses." Tous les vendredis après-midi Véronique Comolet se rend auprès de patients en fin de vie. Engagée bénévole dans une unité de soins palliatifs depuis 2008, elle raconte son expérience dans "Toute fin est une histoire" (éd. Les Équateurs).
"Je n'ai pas eu le temps de dire au revoir"
"Mon bénévolat d'accompagnement en soins palliatifs a commencé par un deuil. Un deuil brutal, violent, sans au revoir ni préparation. Puis un silence assourdissant sur lequel venaient se cogner les pourquoi." Mère de quatre enfants, directrice juridique et financière d'une agence de design, Véronique Comolet a vécu en 2004 un drame. La mort brutale de quelqu'un de proche. "Après la fulgurence de l'annonce et la douleur de la séparation", est venu le temps douloureux du questionnement: "Je n'ai pas eu le temps de dire au revoir, de me préparer."
"Être là, dans cet espace finalement assez intime de la fin de vie, m'apporte une forme de douceur"
La mort questionne toujours
Regarder la mort en face est difficile, surtout dans nos sociétés occidentales, où elle est cachée. Et cependant, "la mort questionne toujours", témoigne Véronique Comolet. Les personnes qu'elle rencontre le disent: Pourquoi moi? Pourquoi maintenant? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça?... "Mais il n'y a aucune réponse."
être là
Et pourtant, dans ces instants partagés à l'approche de la mort, il y a sinon des réponses du moins du sens à donner. "Être là, dans cet espace finalement assez intime de la fin de vie", Véronique Comolet a découvert que ça lui apportait "une forme de douceur". Elle qui "était" une grande anxieuse confie que l'accompagnement en soins palliatifs l'a rendue "beaucoup plus sereine".
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