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À Lyon, troisième ville de France, les écologistes, actuellement au pouvoir avec Grégory Doucet, sont distancés dans les sondages par l'entrepreneur et figure très connue du football, Jean-Michel Aulas. Ce dernier est soutenu par le centre et la droite. Une semaine après son premier meeting, c'est le très fréquenté marché de la Croix-Rousse, sur les hauteurs de Lyon, qu'a choisi l'écologiste Grégory Doucet pour tracter. Le candidat écologiste s'affiche souriant malgré des enquêtes d'opinion qui donnent un net avantage à Jean-Michel Aulas, avec 20 points d'écart. « En arrivant, j'ai croisé beaucoup de personnes engagées pour l'union de la gauche et des écologistes, affirme le maire actuel, avec un enthousiasme qui fait que l'on va faire mentir les sondages. » Pour y parvenir, il faudra que Grégory Doucet convainque sur sa politique en faveur de l'écologie, qui est sévèrement ciblée. « Je trouve que vous avez de très bonnes idées. Le problème, c'est que tous les gens qui habitent en banlieue, vous leur avez rendu la vie impossible ! », l'interpelle un passant. Grégory Doucet assume sa politique : « On a rééquilibré l'espace public, on a donné la priorité aux piétons. » À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ? Jean-Michel Aulas joue sur sa carrière dans le football Loin du centre-ville, dans le quartier populaire de La Duchère, le candidat Jean-Michel Aulas semble en terrain conquis. « Il faut redorer la ville de Lyon, Monsieur, s'il vous plaît », lance un passant. Un autre affirme qu'il va voter pour lui car : « Grâce à l'Olympique lyonnais ! Depuis tout petit, on regarde les matchs ». Et ce dernier n'a qu'à appuyer là où ça fait mal, comme avec ce gérant d'un bar-tabac. « L'écologie, nous sommes tous pour, mais si ça pénalise le commerce… », laisse planer Jean-Michel Aulas. Le candidat de la droite et du centre joue, bien sûr, sur sa carrière à succès dans le football et l'entrepreneuriat pour s'afficher modeste : « Moi, vous savez, je ne fais pas ce travail pour être réélu, affirme-t-il. Je l'ai dit, je le fais un peu par défaut, parce qu'il fallait à un moment donné prendre la décision d'y aller. J'aurais pu faire 1 000 autres choses. » Un discours qui ne séduit pas tout le monde. Cette habitante de Lyon sait déjà qu'elle ne glissera jamais un bulletin Jean-Michel Aulas dans l'urne : « Il n'a absolument rien d'un candidat crédible. Ils se sont dit : "Aulas avec le foot..." Tous ceux qui votent pour ne savent même pas pourquoi. En plus, il est soutenu par Benzema. Alors, vous pensez, Benzema... La haute pensée politique de Benzema », ironise-t-elle. À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026 Des candidats éclipsés par ce duel Doucet-Aulas Avec ce duel installé à Lyon, difficile pour les autres candidats d'exister dans la campagne. À l'extrême droite, il y a Alexandre Dupalais, de l'UDR. « Il faut se battre pour conquérir sa place. Je ne suis pas le maire sortant, je ne suis pas Jean-Michel Aulas qui a une notoriété immense, mais ça ne fait pas un programme et ça ne fait pas un projet pour Lyon, affirme le candidat du parti fondé par Éric Ciotti. C'est pour ça qu'on porte cette liste d'Union des droites et de la société civile. » Il y a aussi l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi. La députée fait bande à part à gauche, mais elle n'exclut pas un ralliement au second tour. « Les gens ont aussi le droit de se prononcer pour une force politique qu'ils affectionnent, estime-t-elle, mais vous savez, il y a une règle à gauche : celui qui arrive en tête fait l'union autour de lui. » En plus de ces quatre candidats se présentent Raphaëlle Mizony, pour le parti NPA Révolutionnaires, Georges Képénékian, divers centre pour Équinoxe, et Nathalie Perrin-Gilbert, en tant que divers gauche avec le Parti radical de gauche. « L'envie de l'écologie est tellement forte dans cette ville », c'est ce que clamait en 2020, à peine élu, Grégory Doucet. Six ans plus tard, la perte de la ville serait une lourde défaite pour la gauche, a fortiori pour les Verts. À lire aussiMunicipales en France: la bataille s’annonce serrée à Paris |