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Podcast: Invité Afrique
Episode:

Invité Afrique - RCA: «L'objectif était d'organiser des élections crédibles, démocratiques, libres et apaisées»

Category: News & Politics
Duration: 00:06:16
Publish Date: 2020-12-29 06:45:17
Description: En Centrafrique, la présidentielle et les législatives du dimanche 27 décembre se sont déroulées dans un contexte de menaces dues à la CPC, une coalition de groupes armés décidée à entraver le vote dans certaines localités. L’abbé Frédéric Nakombo, secrétaire général de la Commission épiscopale Justice et Paix, et chef de mission du Réseau Arc-en-Ciel, effectue une mission d’observation électorale. Il évoque un engouement populaire visible à travers tout le pays, mais qui a été entravé par les menaces et attaques de ces groupes armés. RFI: Le réseau Arc-en-ciel a déployé 121 observateurs de long terme. Il avait prévu de déployer en plus quelque 1 500 de court terme dans tout le pays pour le jour du vote, mais il a dû y renoncer. Pourquoi ? Frédéric Nakombo : Les raisons pour lesquelles les 1 500 observateurs n’ont pas été déployés sont liées à la situation sécuritaire qui était dégradée. Il y a eu un problème de menaces de groupes armés à l’endroit des observateurs qui se déplaçaient pour aller former des observateurs nationaux sur l’étendue du territoire. Eu égard à cette triste réalité, le Réseau Arc-en-Ciel a été obligé de se limiter à 499 observateurs de court terme dans les huit arrondissements de Bangui. Il a tenu compte aussi de ses environs, c’est-à-dire Begoua et Bimbo. Mais vous avez aussi des remontées d’informations de tout le pays… Oui. À Bangui, cela s’est bien passé. Au niveau des préfectures, il y a eu un sérieux problème d’insécurité et la situation est restée instable. Ce que nous avons constaté dans certaines localités, c’est que le vote n’a pas eu lieu parce que des groupes armés sont intervenus pour terroriser la population. Par exemple, à Bambari dans l’est du pays, dans l’extrême Nord-Ouest par exemple, près de la frontière camerounaise, à Bouar, Bozoum, Bocaranga, il y a eu des crépitements d’armes très tôt le matin qui n’ont pas créé un climat favorable pour les élections. Est-ce que vous avez une estimation pour le taux de participation ? Eu égard à cette triste réalité des attaques par le groupe armé et aussi de la situation de psychose créée par ce groupe armé, vous savez qu’à l’heure actuelle, on compte 20 préfectures, sachez que dans la moitié de ces préfectures, les électeurs ont eu affaire aux bureaux de vote. Il faut savoir que la majorité des électeurs à Bangui a voté. Il s’est posé un problème seulement au niveau de l’arrière-pays en province. Et cela veut dire qu’aujourd’hui, nous pouvons estimer au moins que la moitié des électeurs, au moins 50% a voté. Qu’est-ce qui explique, selon vous, la détermination de la population centrafricaine à aller voter comme on l’a vu à Bambari lorsque huit bureaux de vote ont ouvert mardi après-midi après l’arrivée de casques bleus ? Nous sommes au courant de cette triste réalité de la naissance d’une nouvelle rébellion sur le terrain. Aujourd’hui, la population d’une manière générale est déterminée à voter parce que la population ne voudrait plus vivre ces moments douloureux du passé où il y avait la violence, où il y avait des morts. La population dit non à la guerre. La population dit oui à la paix et pour qu’il y ait la paix, la population voudrait qu’on soit dans la logique de l’alternance démocratique. Vous le savez, l’élection présidentielle est nationale, alors que pour les législatives, il y a des circonscriptions locales. Qu’est-ce qui va se passer pour les nombreuses circonscriptions où l’on n’a pas voté ? C’est un problème. C’est vrai que l’élection présidentielle est nationale, et les élections législatives sont locales.  Vous savez, déjà au départ, il se posait un sérieux problème en ce qui concerne la campagne électorale. Une recommandation que nous pouvons faire à l’endroit de l’ANE (Autorité nationale des élections) pour revoir de près cette question des élections législatives pour qu’au moins, la situation soit apaisée et que cela permette aussi à la population des localités d’aller voter pour leurs députés, les députés de leur choix. Est-ce que vous avez des craintes quant à l’acheminement des résultats compilés depuis les zones les plus reculées du pays ? C’est vraiment difficile, parce que là maintenant, les nouvelles que nous avons eues ces derniers temps, beaucoup plus dans la préfecture de Mambéré-Kadeï, à Carnot. Hier déjà, les urnes ont été brûlées. Et la ville est sous contrôle de ces groupes qui sont là, qui font la pluie et le beau temps. Cet après-midi, à Gamboula déjà, les groupes armés sont là. Ils sont allés effectivement pour détruire les urnes. La Minusca est présente. Et je crois que si les urnes sont encore là, c’est parce qu’il y a la présence de la Minusca. Pour le moment, par rapport à la situation, il n’y a que la Minusca qui pourrait se mettre au service de l’ANE pour que les résultats compilés soient acheminés jusqu’à Bangui. Vous l’avez dit vous–même, on a plus ou moins voté dans dix préfectures et très peu dans dix autres, et cela sous la menace des groupes armés. Vous avez parlé d’un taux de participation d’environ 50%. Est-ce que cela ne pourrait pas remettre en cause la légitimité des résultats de ces élections ? L’objectif principal était d’organiser des élections crédibles, des élections démocratiques, des élections libres et apaisées. Malheureusement, la situation dans le pays avec cette crise, je dirais une crise militaro-politique, a fait qu’aujourd’hui, pour une élection apaisée, vous avez vu qu’il n’y a pas de paix en tant que telle, l’élection ayant été menacée. Election libre, c’est vrai qu’il y a eu une partie de liberté, mais vous voyez qu’il y a des gens qui n’étaient pas libres, ils ont été contraints par les groupes armés à faire ce qu’ils ne voulaient pas faire. Il y a eu tout cela qui pose problème. Mais nous attendons peut-être. Après les premiers résultats, on sera en mesure de se prononcer par rapport à ces quatre éléments que j’ai cités ici.
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