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Un mauvais résultat aux dernières élections, des critiques internes plus fortes que jamais, une ambiance de fin de règne : les dernières semaines n’ont pas été simples pour Angela Merkel. Mais le congrès extraordinaire de son parti, la CDU, chargé d’entériner l’accord de gouvernement avec les sociaux-démocrates s’est terminé par un succès pour la chancelière.
De notre correspondant à Berlin,
Angela Merkel a largement contribué au revirement de situation ayant eu lieu lors du congrès. Elle ne voulait pas de celui-ci pour faire adopter le contrat de gouvernement négocié avec les sociaux-démocrates et ne voulait pas communiquer trop tôt le nom des futurs ministres. Et bien qu’elle se soit fait imposer ces étapes, ce qui peut témoigner d’une certaine faiblesse, elle a su exploiter ce calendrier subi.
Tout d’abord en nommant, il y a une semaine, un poids lourd du parti, la très populaire Annegret Kramp-Karrenbauer comme nouvelle secrétaire générale du parti et en adoubant cette dernière pour lui succéder. AKK, comme on la surnomme, a été élu le 26 février avec 99 % des voix, du jamais vu pour cette fonction. Le message pour les plus critiques était clair : il y a un après-Merkel et une nouvelle patronne du parti qui a les mêmes libertés pour le pacifier et préparer un nouveau programme.
Deuxième coup d’Angela Merkel : présenter à la veille du congrès les futurs ministres chrétiens démocrates, une équipe plus jeune et plus féminine. Et en intégrant son principal adversaire Jens Spahn, qui doit devenir ministre de la Santé, les opposants de la chancelière prenaient des accents harmonieux. Enfin, Angela Merkel a mis en avant dans son discours des thèmes chers à ceux qui l’ont critiquée : pour l’aile libérale, elle a insisté sur l’équilibre des finances publiques et dénoncé le partage des dettes en Europe. Pour les plus conservateurs, elle a parlé famille, sécurité et fermeté sur le dossier migratoire.
L’autre explication de ce congrès où le contrat de coalition a été adopté à plus de 97 % : à la CDU, on s’écharpe parfois dans les coulisses comme en famille, mais pour la galerie on fait bonne figure. Les états d’âme de certains n’ont sûrement pas disparu d’un coup. Notamment par la voix de seconds couteaux. La nouvelle secrétaire générale qui veut écouter la base doit maintenant tenir parole.
Et déjà l’après-congrès
La chancelière a montré qu’elle avait encore les cartes en main et pouvait répondre aux attentes de sa base, ainsi, elle pose les jalons de sa succession.
Angela Merkel reste très populaire en Allemagne, comme au sein de la CDU. Pour ce dernier mandat, il lui faudra lutter pour conserver son autorité alors que l’on s’attend à son départ en 2021. Un parti ressoudé peut l’y aider avec une direction qui exclut un virage à droite, mais sera plus à l’écoute des ailes libérale et conservatrice. Des victoires aux élections intermédiaires après un résultat historiquement faible en septembre dernier peuvent également y contribuer.
Vers un gouvernement de grande coalition
Après le vote positif des instances dirigeantes des chrétiens sociaux bavarois, le soutien apporté à l’accord hier par le congrès de la CDU nous rapproche un peu plus de la mise en place d’un nouveau gouvernement de grande coalition.
Mais l’obstacle le plus difficile reste à franchir. Les 463 000 membres du parti social-démocrate continuent de voter sur ce texte et on les sait partager. Beaucoup craignent après un score humiliant en septembre qu’une nouvelle coalition ne leur permette pas de se ressourcer. D’un autre côté, les sondages actuels qui prédisent un résultat encore plus faible du SPD n’encouragent pas forcément la base à prendre le risque de nouvelles élections qui seraient la conséquence d’un rejet du texte. Le résultat de ce vote sera connu dimanche. On saura alors définitivement si un gouvernement Merkel IV peut se mettre en place. La chancelière serait alors réélue d’ici la mi-mars par le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand. |