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Ce dimanche 28 avril, 37 millions de votants espagnols (soit un million de plus qu' il y a deux ans) sont appelés aux urnes pour renouveler les 350 sièges de la Chambre basse et les 208 du Sénat. L’incertitude est le maître mot de ce rendez-vous. La plupart des sondages donnent gagnant l’actuel chef du gouvernement socialiste Pedro Sánchez, mais doutent que son score soit suffisant pour obtenir la majorité absolue. Selon les enquêtes, entre 30 et 40% des votants ont décidé très tard de leur vote. Qu'est ce qui fait la spécificité de ce scrutin ?
de notre correspondant à Madrid, François Musseau
Tour d'abord il s'agit d'élections législatives anticipées puisque Pedro sanchez, au pouvoir depuis 2016, a rompu en janvier avec son allié parlementaire, les séparatistes catalans car ceux ci ne voulaient pas renoncer à l’auto-détermination. Ensuite, ces élections consacrent certainement la fin du bipartisme (socialiste et parti populaire), qui ont gouverné le pays depuis quatre décennies. Il y a aujourd’hui cinq partis importants et plus seulement deux.
Enfin, ce scrutin est très polarisé, et autour de clivages nouveaux. Jusqu’ici par exemple, on pouvait parfaitement imaginer une entente entre les socialistes et les libéraux de Ciudadanos. Désormais cela apparaît impossible. Il y a d’un côté le bloc de gauche, le socialiste Sanchez, Podemos et, peut-être des partis nationalistes basques, catalans ou canariens. Et de l’autre, un bloc de droite, parti populaire, Ciudadanos et les extrémistes de Vox. La grande question est de savoir si l’un ou l’autre de ces deux blocs va emporter les 176 sièges de la majorité absolue.
Peut-on imaginer un gouvernement de coalition?
Oui et ce serait la grande nouveauté de ce scrutin. L’Espagne est le seul pays des cinq premières puissance économiques européennes à ne jamais avoir connu un gouvernement de coalition, si ce n'est avec des appuis extérieurs. A gauche, il sera difficile de faire alliance avec les nationalistes. A droite, c’est plus probable. De fait, les trois partis de droite gouvernent ensemble depuis janvier en Andalousie et le PP et Ciudadanos ont assuré que malgré toutes les différences ils étaient prêts à gouverner avec l’extrême droite de Vox. |