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Le Parlement grec doit adopter son premier budget de l’aire post-mémorandum ce mardi 18 décembre après la sortie du pays des programmes de redressement de l'UE et du FMI qui encadraient son économie depuis 2010.
avec notre correspondante à Athènes, Charlotte Stievenard
En une décennie, pour la première fois, on peut parler « d’expansion budgétaire modérée ». C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos en novembre dernier, lorsque le budget avait été déposé devant la Vouli, le Parlement grec. Le gouvernement estime qu’il dépassera à nouveau l’objectif d’excédent budgétaire de 3,5 pour cent du produit intérieur brut. En plus, il aurait réussi à dégager environ 900 millions d’euros qu’il compte utiliser pour des mesures sociales. Avec cet argent, il financera une augmentation des allocations logement et des allocations familiales, un programme spécial d’accompagnateurs pour les personnes en situation de handicap ou âgées ou encore une réduction des cotisations sociales pour les jeunes.
Débat houleux au Parlement
Il a opposé notamment le Premier ministre grec Alexis Tsipras au chef de l’opposition Kyriakos Mitsotakis. Le président des conservateurs de la Nouvelle démocratie lui a reproché de faire des cadeaux à l’approche des élections. L’année qui arrive s’annonce en effet chargée avec les élections municipales et européennes au printemps, puis les législatives à l’automne - si tout se passe bien.
Un budget validé par la Commission européenne, sans baisses des retraites
Contrairement à ce qui était prévu depuis 2017, la Grèce n’aura pas besoin de couper à nouveau dans les pensions. C’était une mesure qui devait être appliquée si la trajectoire budgétaire de la Grèce venait à dériver. Dans le cadre de la procédure de contrôle des budgets nationaux, la Commission européenne a donc accepté les comptes grecs, mais le pays continue d’être maintenu sous pression par ses créanciers. Même s’il est sorti des plans d’aide le 20 août, il est toujours dans un « cadre de surveillance renforcée ». La Commission a demandé à la Grèce d’accélérer les réformes en cours. Selon différentes agences de presse, les privatisations qui se font toujours au ralenti seraient en cause. En attendant, les mesures sur la dette grecque ne seront pas appliquées avant l’année prochaine.
Les syndicats continuent de remettre en cause l’austérité
La Fédération des syndicats du public, l’Adedy appelle à une manifestation devant le Parlement en fin de journée ce mardi. Dans un communiqué, elle estime que le discours du gouvernement sur la sortie des mémorandums serait une forme de « propagande ». Elle met en cause une baisse des dépenses publiques dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Baisse réfutée par le gouvernement, notamment le ministre de la Santé, Andreas Ksanthos. En octobre dernier, la Grèce avait envoyé un document à la Commission européenne en accompagnement de son projet de budget. Le ministère des Finances grecques prévoyait effectivement une baisse des dépenses publiques dans ces deux secteurs et une légère hausse dans celui de l’emploi. |