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Description:
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Aujourd’hui, je vous parle de La linea della palma, une série coproduite par la RSI, et réalisée par le tessinois Fulvio Bernasconi. La création s’établit sur deux des piliers qui font le patrimoine de l’Italie: l’art et la mafia.
L’histoire s’appuie sur un fait réel, le vol, en 1969, d’un tableau du célèbre peintre italien du XVIIe, Le Caravage. L’œuvre, une grande toile de 270 sur 200 centimètres, s’intitule La Nativité et se trouve alors dans l’Oratoire San Lorenzo, à Palerme. Pas vraiment le genre d’objet qu’on glisse discrètement dans sa poche. Mais plus c’est gros plus ça passe, le Louvre nous l’a bien prouvé. À ce jour, l’œuvre n’a d’ailleurs toujours pas été retrouvée et reste l’une des plus recherchées au monde.
Dans la série, l’affaire tourne autour de la famille d’Anna Romano, une journaliste déterminée travaillant pour le Courrier international, à Milan. Un jour, elle reçoit un appel troublant. Son père, disparu depuis trente ans, vient d’être retrouvé mort dans le lac de Lugano. C’est le choc. Parce qu’elle pensait que, tel un homme, il avait juste fui ses responsabilités familiales en abandonnant sa famille, mais qu’il était toujours en vie, quelque part à l’autre bout du monde. Elle se lance alors dans une quête de vérité acharnée, quitte à tout sacrifier. Évidemment il nous fallait bien un peu de tension romantique. Anna va tomber sur un enquêteur qui – ô surprise – est extrêmement gentil, a plus ou moins le même âge et est scandaleusement charmant.
La série oscille entre trois époques: 1969, 1993 et aujourd’hui. Le scénario de Thomas Ritter est vraiment bien ficelé, avec une écriture qui prend le temps de creuser un peu ses personnages. On découvre notamment Antonio, le père d’Anna. Un homme réservé et passionné de peinture, capable de déceler une œuvre originale d’une copie en un seul regard. À ses côtés, son meilleur ami et collègue Saro, qui a épousé la mère d’Anna suite à la disparition d’Antonio. Et bien sûr, autour d’eux gravitent toute une galerie de grands méchants avec des flingues. Des mafiosi siciliens en ray-ban aviateur, jusqu’aux vieux marchands d’art cachant leurs arnaques derrière leurs petits mouchoirs de poche.
En tout cas, La linea della palma nous montre bien que, la mafia, c’est vraiment un grand bain d’eau sale dans lequel tout le monde trempe.
Et surtout, on comprend à quel point c’est un engrenage vicieux. La plupart des personnages n’y entrent pas forcément par idéologie, mais à cause de mauvais choix, par besoin d’argent, ou tout simplement par peur d’être dénoncés. Il y a une vraie dimension anxiogène, portée par une musique de fond oppressante quasi permanente, qui fonctionne relativement bien.
On la ressent autant du côté d’Anna, qui se met dans des situations de danger inconsidérées, mais aussi chez les autres protagonistes, qui, à force de trop en vouloir, finissent par gâcher leur propre vie.
On s’attarde finalement assez peu sur la peinture ou son histoire. D’autant plus que j’ai étudié l’histoire de l’art à l’université, donc je me réjouissais d’entendre parler de clair-obscur et de lignes de fuite pour me sentir intelligente. Eh bien pas du tout. Ici, La Nativité est flattée pour sa beauté, certes, mais est surtout synonyme d’argent et de pouvoir. Mais je m’en suis remise car pour me vanter devant des œuvres d’art, il y a les musées et pour les thrillers il y a la RTS. Les premiers épisodes, qui viennent d’être doublés, y sont diffusés depuis jeudi dernier.
Il y a quelques semaines, je faisais une chronique sur la série de la RTS Intraçables. Alors, pour les personnes qui l’auraient regardée, vous trouverez dans le final de la La linea della palma un sacré goût de déjà vu. Sérieusement, les scénaristes suisses, vous êtes supers mais il existe plus d’un type de plot twist.
Un conseil: si d’aventure, vous achetez une œuvre parce que vous avez, par exemple, la chance d’appartenir à une famille royale, vérifiez bien d’où elle provient.
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Chronique : Judith
Animation : Lionel
Réalisation : Noé
Crédit photos : Hugo Film
Première diffusion antenne : 27 janvier 2026
Publié le 12 février 2026 The post La linea della palma, l’art en terrain mafieux first appeared on Radio Vostok. |