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Cette semaine, les généraux les plus gradés de l'armée russe ont disparu de la scène publique à la suite de la tentative avortée de mutinerie des mercenaires de Wagner pour renverser le commandement militaire à Moscou. Une purge à bas bruit pourrait avoir commencé alors que le président Vladimir Poutine veut réaffirmer son autorité sur l’armée russe. Le général Sergueï Sourovikine, commandant adjoint des opérations militaires russes en Ukraine savait, a rapporté le New York Times le 27 juin, ce que tramait le chef de Wagner. Citant le renseignement américain, le quotidien indique que d’autres généraux russes pourraient avoir soutenu la démarche d’Evgueni Prigojine. Aucun élément n’est venu étayer ces suppositions. Néanmoins, les généraux les plus gradés de l’armée russe ont disparu cette semaine de la scène publique. La purge semble lancée contre les officiers qui auraient, soit soutenu le coup de force, soit été trop passifs face à la marche de Wagner sur Moscou, indique le géopolitologue Cyrille Bret : « Une purge dans l’appareil militaire russe est inévitable pour au moins trois raisons. La première, c'est l'inefficacité des forces armées russes sur le front ukrainien, qui inflige un démenti à la stratégie du président Poutine. La seconde, ce sont les soupçons généralisés de complaisance, voire de complicité, à l'égard de la milice Wagner. Il ne faut pas oublier que la milice Wagner a été engagée sur des théâtres où l'armée régulière, elle aussi, était engagée et ou des liens se sont tissés. Et puis, plus largement, une purge dans le haut commandement militaire comme celle qui avait été réalisée par Staline contre le maréchal de l’Union soviétique, Mikhaïl Toukhatchevski et son entourage, juste avant la Seconde Guerre mondiale, est un élément traditionnel, classique de l'établissement et du rétablissement de l'autorité du chef en Russie. » À lire aussiDe nombreuses questions se posent après la rébellion avortée de Prigojine contre le pouvoir russe L'autorité du chefDepuis une semaine, ni Valeri Guerassimov, chef d’état-major des armées, ni Sergueï Choïgou, ministre de la Défense, n’ont pris la parole. En revanche, lors d'un déplacement dans le Caucase russe mercredi, Vladimir Poutine a assuré « ne pas avoir douté » du soutien de la population. Et il s’est même offert un bain de foule, pointe Cyrille Bret : « En régime de croisière, en régime ordinaire, Vladimir Poutine se montre tous les jours à la télévision, dans son bureau, dans les réunions qu'il a avec les super préfets, les ministres, son Premier ministre, les représentants de la société civile. Aujourd'hui, il se montre au milieu de la foule, il se montre au milieu du peuple pour bien manifester sa légitimité populaire et l'opposé à l'illégitimité de Wagner. Mais plus largement, les apparitions et les disparitions, les périodes de silence, d'absence et les périodes de réapparition sont typiques de la période soviétique où tel ou tel leader, selon qu'il était en faveur ou selon qu'il ne l'était pas, apparaissait ou disparaissait. Ça fait partie intégrante des opérations de rétablissement de l'autorité du chef. S’il est capable de réduire au silence pour une longue période, puis de faire réapparaître, quasiment de ressusciter une personnalité, c'est qu'il est le chef incontesté et omnipotent. » En attendant d’éventuelles réapparitions, les rumeurs les plus folles d’interrogatoires et même d’emprisonnement de hauts gradés militaires courent Moscou et agitent les réseaux sociaux russes. À lire aussiRébellion avortée de Wagner: «Prigojine et Poutine ont perdu la face dans cette affaire» |