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Description:
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Au salon du Bourget, MBDA, le spécialiste européen de l’armement aéronautique, a présenté ses travaux qui visent à mettre au point un missile antimissile. L’engin nommé Aquila aura la charge de contrer les futures menaces hypersoniques, d’une vitesse supérieure à Mach 5. La bataille de l’hypersonique, c’est le thème de Lignes de défense avec Franck Alexandre. La Russie est la première à avoir dégainé l’arme hypersonique. En Ukraine, avec son missile de haute précision Kinjal, les batteries Patriot américaines déployées à Kiev ont prouvé qu’il était néanmoins possible d’arrêter ces armes, « ultimes », aux dires de Moscou. Mais, cela reste un véritable défi technologique, car ces missiles vont vite et de plus, ils manœuvrent, pointe Lionel Mazenq en charge de l’incubateur de programmes au sein de la direction des systèmes futurs de MBDA : « Il est difficile lorsqu'on les observe de loin, de savoir s'ils viennent vers nous ou s'ils vont vers un autre objectif. Et là, il y a un vrai défi. Un défi de prédiction de leur comportement et de prédiction des endroits qu'ils peuvent rejoindre. Et ensuite, il faut être capable d'aller les intercepter lorsqu'on veut défendre des zones larges. Évidemment, on comprend qu'il va falloir s'avancer. Pour aller chercher le missile adverse et à ce moment-là, le missile adverse, lui, il vole haut, il vole vite et il a une capacité de manœuvre. » Pour défendre des zones larges, le projet de MBDA repose sur deux axes : l’alerte avancée et la riposte. Une riposte qui doit être aussi rapide que les missiles adverses, souligne Lionel Mazenq : « On parle bien de vitesse supérieure à Mach 5 pour la cible et l'on parle bien de vitesse également au moment de l'interception supérieure à Mach 5 pour l'intercepteur, on a des engins qui se croisent à plus de 12 000 km heure. Il y a des problèmes mécaniques, il y a des problèmes thermiques, il y a des problèmes de fonctionnement des capteurs, il faut avoir la propulsion qui va bien. Il faut avoir aussi les bons systèmes de pilotage, les systèmes à base de fusée pour manœuvrer très rapidement, être très agile. » Sky Sonic contre AquilaAu Salon du Bourget, la société israélienne Rafael assure que Sky Sonic, son futur intercepteur hypersonique, sera technologiquement le plus avancé. Mais, les États-Unis aussi ont lancé leur programme. Face aux récents missiles russes Zircon ou DF 21 chinois évoluant à plus de mach 10, toutes les armées cherchent la parade. MBDA fournit sa solution. Un intercepteur dénommé Aquila. Il n’écartera cependant pas toutes les menaces, indique Lionel Mazenq : « Nous faisons des outils pour les forces armées, on ne fait pas l'arme absolue qui résout tous les problèmes. La tactique a encore largement sa place, car avec des défenses anti hypersoniques, on contraint les trajectoires de l'adversaire. Si l’ennemi a peu de missiles à sa disposition, il va être obligé de contourner les zones défendues. Il va perdre à ce moment-là en portée. Il va donc devoir s’approcher et se mettre en situation de vulnérabilité ou de contre-feu. Et, effectivement, on va participer à la mise au point de cette défense en aidant à la prise de décision. Avec l’hypersonique, on est obligé d'avoir des temps de réaction très faibles et donc on est obligé d'aider le décideur humain, c'est évident. » Avec l’hypersonique, la course aux armements est bien de retour. Le système Aquila devrait être opérationnel d'ici à une décennie, et il exigera un effort financier si important qu’il sera nécessairement partagé au niveau européen. |