“Quand quelqu’un essaie d’encourager une personne qui ne vote pas à exercer son devoir de citoyen, ça prend souvent des tournures moralisatrices. Il faut voter. Ça ne se fait pas de ne pas voter. Dire que tu renonces à ton droit alors que d’autres se battent pour ça. D’accord, mais pourquoi aller voter, sinon pour faire le mouton, vous dites-vous ? Simplement parce que l’on vit en société. Ça ne paraît pas évident comme ça, mais l’issue des élections influence notre vie de tous les jours. Ça concerne tout le monde. Et peut-être, justement, qu’on se dit que nous, on n’influence pas beaucoup cette issue avec notre petit vote. Par contre, et c’est à la fois un plus et un moins, un vote permet d’exprimer beaucoup de choses à la fois. - Vous aimez un parti, un chef, un candidat, une idée : votez pour ce parti. - Vous souhaitez à tout prix qu’un parti ne soit pas au pouvoir : votez contre lui (même si je n’aime pas particulièrement le vote stratégique). - Vous souhaitez élargir les idées mainstream des gros partis : votez pour un petit parti qui, s’il obtient suffisament de visibilité, risque d’influencer les gros partis à inclure ces idées afin de retrouver votre vote. - Vous êtes contre le système électoral tel qu’il est : annulez votre vote. Chaque action porte un message, hormis une seule : celle de ne pas voter. Qui sait ce que vous voulez dire quand vous ne votez pas ? Vous savez ce qu’on fait dire aux gens qui se taisent : on leur fait dire ce qu’on veut. «c’est sûr que les 40%* auraient voté libéral pi qu’ils auraient été majoritaires». «c’est sûr que le 40% est contre le niqab». «c’est sûr que le 40% s’en fout qu’on augmente leur taxes». «c’est sûr que le 40% aime le statu quo». Etc. Allez voter, parce que moi, j’aimerais bien savoir ce que vous voulez réellement exprimer. *40% des gens se sont abstenu de voter en 2011”