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Description:
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Le plus souvent la transformation digitale est pensée en termes d'outils, de technologies, de processus, voire de caractéristiques des organisations, un peu comme s'il suffisait de sortir des recettes en quelques étapes pour réussir sa transformation digitale. Dans certains programmes de formation on vous promettra de maîtriser la transformation digitale en quelques semaines, comme s'il suffisait que quelques uns sachent, fassent semblant de savoir ou affichent sur les médias sociaux un certificat de participation à une formation pour que leur entreprise puisse franchir le cap. Si tant est qu'il y ait un "cap" à franchir, puisque le cap décrit par définition une réalité discrète où il y aurait un avant et un après stable tel que dans l'après on serait une entreprise ou une organisation définitivement adaptée à l'économie connectée. Ce qui ne peut être qu'un mirage puisque le passage de l'organisation qui était adaptée à l'économie industrielle électrifiée à l'organisation de l'ère digitale, c'est le passage du discret au continu, du traitement dit en batch au traitement en temps réel ou quasi-temps réel. C'est donc bien une des caractéristiques de cet environnement digital que d'exiger l'adaptation continue et de faire ainsi de l'économie, plus encore que par le passé, un système complexe auto-adaptatif. Penser la transformation digitale comme "juste une transition" qui mène d'un état qui a été plutôt stable pendant des décennies vers un état qui serait destiné à rester immuable pendant au moins un temps relève donc d'une erreur de jugement majeure. La transformation digitale est un phénomène systémique qui exige la puissance du collectif, et cela suppose une compatibilité culturelle. A Solvay nous avons intégré le module de transformation digitale dans l'EMM, le programme référence de formation de cadres de haut niveau, parce qu'il s'agit d'ancrer les principes et les éléments-clés de la transition vers le digital d'une manière qui permette à des leaders d'entreprise de se construire leur propre représentation des enjeux. Nous restons en cela fidèles aux principes de libre examen de notre université, qui suppose que l'on évite de claironner comme définitive une maîtrise qui ne peut être conçue comme définitivement établie dans un domaine tellement changeant. Tout cela suppose donc bien plus une culture dynamique et capable de s'adapter en continu, que des assertions aussi péremptoires que dogmatiques sur un modèle magique qui assurerait le succès dans la transformation digitale, comme les charlatans de certaines petites annonces promettent le retour de l'être aimé.
Les références données dans cet épisode:
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